DOUTEUR EST L'AMI DE MONSIEUR MARCEL DUCHAMP

DOUTEUR EST L'AMI DE MONSIEUR HENRY DICKSON ET DE MONSIEUR MARCEL DUCHAMP ET L'AMI DE DAME MUSE ET DES MUTANTS GÉLATINEUX LGBTQ OGM ET DE MADEMOISELLE TAYTWEET DE MICROSOFT - SECONDE TENTATIVE OFFICIELLE D'Ai - INTELLIGENCE ARTIFICIELLE - ET DE MONSIEUR ADOLF HITLER, CÉLÈBRE ARTISTE CONCEPTUEL AUTRICHIEN ALLEMAND CITOYEN DU MONDE CÉLÈBRE MONDIALEMENT CONNU - IL EST DANS LE DICTIONNAIRE - SON OEUVRE A ÉTÉ QUELQUE PEU CRITIQUÉE MAIS ON NE PEUT PLAIRE À TOUT LE MONDE ET PERSONNE N'EST PARFAIT ! VOILÀ!

DOUTEUR EST L'AMI DU PROFESSEUR BULLE QUI EST L'AMI DE DOUTEUR

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DOUTEUR - DE LA FÉDÉRATION INTERNATIONALE DU DOUTE EST AMI DU PROFESSEUR BULLE - DE L'INTERNATIONALE SITUATIONISTE CONSPIRATIONNISTE - DES THÉORICIENS DU COMPLOT ET DES CONSPIRATIONS ET DES COMPLOTISTES ET CONSIRATIONISTES - AMI DES THÉORICIENS DU NON COMPLOT ET DES THÉORICIENS DE L'EXPLICATION ET DE L'UNION DES JOVIALISTES ET INTELLECTUELS ORGANIQUES - AUTISTE ASPERGER GEEK RELATIVISTE CULTUREL PYRRHONIEN NÉGATIONNISTE RÉVISIONNISTE SCEPTIQUE IRONIQUE SARCASTIQUE - DÉCONSTRUCTEUR DERRIDADIEN - AMI DES COLLECTIONNEURS DE BOMBES ATOMIQUES - AMI DES PARTICULES ÉLÉMENTAIRES ET FONDAMENTALES ET AMI DE L'ATOME CAR LA FUSION OU LA FISSION NUCLÉAIRE SONT VOS AMIS

UN JOUR LES MUTANTS GOUVERNERONT LE MONDE - CE NE SERA PROBABLEMENT PAS PIRE QU'EN CE MOMENT

UN JOUR LES MUTANTS GOUVERNERONT LE MONDE - CE NE SERA PROBABLEMENT PAS PIRE QU'EN CE MOMENT
LES MUTANTS EXTERMINERONT OU NON LES HUMAINS - ET NOUS TRAITERONS PROBABLEMENT AUSSI BIEN QU'ON SE TRAITE NOUS-MÊMES ENTRE NOUS - ET PROBABLEMENT AUSSI BIEN QUE L'ON TRAITE LA NATURE ET TOUT CE QUI VIT
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vendredi 4 juin 2010

3758. RÉVÉLATIONS DU 27 MAI 2010

POINT DE PRESSE DE M. GÉRARD DELTELL, CHEF DU DEUXIÈME GROUPE D'OPPOSITION

Le jeudi 27 mai 2010, 9 h 40
http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-5281.html

Salle Bernard-Lalonde (1.131), Hôtel du Parlement

(Neuf heures quarante-trois minutes)

M. Deltell: Alors, je vous remercie beaucoup, mesdames messieurs, d'être présents. J'ai une déclaration à faire dans quelques minutes, en Chambre, déclaration de député. Donc, je vais y aller tout de suite.

Écoutez, c'est extrêmement décevant ce qu'on apprend aujourd'hui concernant le financement de la campagne au leadership de Pauline Marois. Vous savez, c'est ce parti qui, depuis des années, n'a de cesse de nous faire la morale, qui, depuis des mois particulièrement, attaque constamment sur le fait qu'il ne faut pas qu'il y ait de prête-noms, pour le fait qu'il faut que le financement populaire est essentiel, est important. Il faut le mériter comme ça, que... pose 1 000 questions concernant le fait que les gens donnent le maximum, 3 000 $ en ayant 1 000 soupçons là-dessus. Et voilà que c'est la situation qui se présente concernant Mme Marois. Il va falloir d'ailleurs qu'elle s'explique, qu'elle donne des explications précises par rapport à ça.

On sait que ce parti propose d'implanter un plafond de 500 $ pour éviter les prête-noms et, dans le cas présent, bien ce n'est pas la situation que vit Mme Marois. Je vous rappellerai simplement ses déclarations récentes: Que, nous, ça ne nous fait pas peur, le financement populaire. Lors de la conférence de presse du 19 mai avec les foulards blancs, elle disait: C'est un signal où on veut la lumière, où on voit la lumière. Le blanc, c'est la lumière, c'est la clarté, c'est la pureté. Et là on se rend compte que, dans le financement de sa course au leadership, Mme Marois prend ses enfants pour justement contribuer à son financement. De très jeunes adultes, des gens à l'école, des gens aux études. Je ne connais pas grand monde qui peuvent donner 3 000 $. C'est très rare d'ailleurs, dans un premier temps. Dans un second temps, que ce soit ses enfants qui font cet exercice-là, c'est décevant. Et, nous, bien justement, ça nous déçoit de voir ça.

M. Chouinard (Tommy): M. Deltell, donc pour vous il n'y a aucun doute, c'est de l'utilisation de prête-noms?

M. Deltell: Non. Comme je vous dis, il va falloir que madame s'explique, mais, à sa face même, c'est extrêmement décevant quand on voit ça. Voilà ce parti qui se dit plus blanc que blanc, voilà ce parti qui veut plafonner à 500 $ le maximum de contribution pour éviter justement les grands donateurs et voilà que sa chef fait exactement la même chose avec les membres de sa famille. C'est...

M. Plouffe (Robert): Qu'est-ce que vous en savez, M. Deltell...

M. Robillard (Alexandre): Oui, c'est justement, pourquoi?

M. Plouffe (Robert): Est-ce que vous ne pensez pas que la famille Marois-Blanchet est assez bien nantie pour que ces enfants-là, d'eux-mêmes, aient déjà un compte de banque, peu importe que ce soit les parents qui l'aient donné ou pas, là, je veux dire... On sait que c'est une famille aisée. Est-ce que vous ne croyez pas que ces enfants-là aient un compte en banque assez bien garni, même à leur âge?

M. Deltell: Ça leur appartient, c'est leur décision, c'est leur choix, bien entendu. Mais ce que je vous dis, c'est que c'est ce parti-là qui, depuis des années, nous fait la morale sur le financement populaire en nous disant que le financement populaire, c'est la marque de commerce du Parti québécois. Encore récemment, elle le disait, que ce parti-là veut maximiser à 500 $ les dons pour éviter justement la situation qui se vit actuellement et les soupçons qui planent au-dessus de la classe politique concernant le financement. Eh bien! voilà que Mme Marois le fait.

Ce que je vous dis aussi, c'est: Il va falloir qu'elle ait des précisions là-dessus, qu'elle amène ses précisions. Mais, à sa face même, c'est décevant de voir que ce parti qui n'a de cesse de parler de financement populaire, que ce parti qui n'a de cesse de dire qu'il faut éviter les prête-noms, que ce parti qui doit avoir un maximum de 500 $ dans les contributions, bien, voilà que les membres de la famille élargie déjà qui sont des jeunes enfants... des jeunes adultes - pardon - qui sont aux études fournissent le maximum, c'est décevant. Et on va voir les explications de Mme Marois.

Journaliste: Mais je ne comprends la source de votre déception...

M. Boivin (Mathieu): M. Deltell... M. Deltell, est-ce que vous ne faites pas objectivement le jeu des libéraux en vous en prenant à un autre parti de l'opposition qui, comme vous, réclame une enquête publique sur ces choses-là?

M. Deltell: Non, non, ça, c'est...

M. Boivin (Mathieu): Vous affaiblissez clairement la position unanime de l'opposition, là.

M. Deltell: Nous avons notre... Nous sommes autonomes. On est un parti autonomiste, et nous agissons de façon autonome. Je vous rappelle que, la semaine dernière, la raison pour laquelle nous n'avons pas participé à la manifestation des foulards blancs, c'est que nous estimions que l'agenda du Parti québécois était de renverser le gouvernement. Et ce n'est pas nous qui le disions, c'est Mme Marois qui le disait. Et, lorsqu'on voit que Mme Marois, actuellement, dans sa course au leadership, dans le financement de sa course au leadership, a fait appel à toute sa famille pour des dons... incroyables de 3 000 $, des dons maximums de 3 000 $, nous trouvons ça décevant. Et c'est la question que l'on soulève aujourd'hui.

M. Boivin (Mathieu): Vous faites le jeu des libéraux, là, en vous en prenant au PQ.

M. Deltell: On ne fait pas le jeu des libéraux, on fait notre travail à nous, comme parlementaires, qui réclamons la vérité là-dessus puis qui réclamons d'avoir... qui réclamons de faire la vérité là-dessus.

M. Plouffe (Robert): C'est décevant parce que vous n'avez pas... parce que vous êtes incapables d'aller rechercher des 3 000 $, M. Deltell. Parce que le maximum est permis, là, le 3 000 $ est permis, puis je ne comprends pas encore, je... Est-ce que vous avez une preuve que Mme Marois a fait du prête-noms?

M. Deltell: Nous n'avons pas de preuve là-dessus. Ce que nous disons, c'est qu'il va falloir qu'elle fasse la lumière là-dessus. Mais, lorsque ce parti se targue de toujours vouloir du financement populaire et très fier de ça, lorsque ce parti réclame le maximum de 500 $ pour les contributions et qu'on voit que sa chef, lors de sa campagne au leadership, utilise toute sa famille pour faire des contributions majeures de 3 000 $, nous trouvons ça décevant.

Mme Brassard (Marie-Andrée): Il y a cinq ans qui se sont... Il y a cinq années qui se sont écoulées entre 2005 et 2010, est-ce qu'un parti politique ne peut pas évoluer et modifier sa position à la lumière des événements qui sont révélés depuis quelques mois?

M. Deltell: Bien, on verra quelles sont les explications de Mme Marois là-dessus. Et d'ailleurs, à cet effet-là, nous saluons le fait qu'hier la motion - puis je l'ai dit en Chambre d'ailleurs dans mon discours - nous saluons le fait que la motion du Parti québécois vise à faire la lumière sur le financement de tous les partis politiques. Et ça, c'est une avancée que nous avons saluée hier lors du discours portant sur cette motion-là. Alors, oui, il faut faire la lumière là-dessus.

Mme Brassard (Marie-Andrée): Est-ce que vous pensez qu'il faut aussi faire la lumière sur les sommes que Jean Charest a reçues, autant lorsqu'il était au fédéral dans la course au leadership que lorsqu'il est arrivé sur la scène provinciale?

M. Deltell: Je crois que oui, et on sait que, dans le cas de la course de 1993, le cas de Karlheinz Schreiber, qui avait été extrêmement troublant, l'avait amené à donner des explications. Et il faut toujours, et ça, là-dessus, vous avez parfaitement raison, il faut le mettre en contexte par rapport à la situation dans le temps où ça s'est déroulé, et en 1993, même si ce n'était pas interdit, ça avait un soupçon qui n'était pas au goût du jour, c'est le moins qu'on puisse dire aujourd'hui. Et dans le cas présent, nous, ce qui nous déçoit pour Mme Marois, c'est qu'elle dit une chose et elle fait son contraire. Elle attaque constamment les libéraux pour la contribution maximale, et on voit actuellement qu'elle se sert de sa famille élargie, avec des jeunes adultes, pour des contributions maximales, et ça, c'est décevant.

Des voix: ...

M. Deltell: Honnêtement, je vais prendre juste une dernière question.

M. Boivin (Simon): Puis, vous, dans votre famille, votre famille élargie à vous qui a donné à l'ADQ dans les dernières années, puis, le cas échéant, est-ce que c'est décevant?

M. Deltell: Non, ce n'est pas décevant, parce que oui, mais les gens de ma famille ont donné au parti depuis que je suis évidemment membre de... membre de ce parti-là. Bien entendu, on aura compris, mes parents ont fourni: à ma connaissance, c'était 400$.

M. Boivin (Simon): ...c'est décevant.

M. Deltell: Non, ce n'est pas décevant. Mais c'est parce que, moi, je ne passe pas mon temps à dire aux gens et à faire la morale aux gens en disant qu'il faut plafonner à 500 $, quand les gens de ma famille vont donner 3 000 $. C'est ça, la question. La question porte sur le don maximal qui est donné, avec des gens de la famille élargie, alors que l'on fait, depuis des semaines et des semaines, la morale à tout le monde concernant le fait qu'il faut limiter à 500 $ pour éviter justement les dons maximums de 3 000 $, parce qu'on se pose des questions là-dessus. Alors, c'est là-dessus que nous sommes.

Mme Brassard (Marie-Andrée): Je pense qu'il faut tenir compte du contexte, qu'il y a cinq années qui se sont écoulées et...

M. Deltell: Oui, c'est vrai. Oui, c'est vrai...

Mme Brassard (Marie-Andrée): Est-ce que ce n'est pas un peu contradictoire?

M. Deltell: ...mais sauf que c'est la réalité. Non, ce n'est pas contradictoire, parce que, lorsqu'on propose justement de faire cette enquête-là sur le financement des partis politiques, comme je vous l'ai dit, nous le saluons et nous soutenons cette démarche-là. Par contre, lorsqu'on n'a de cesse de dire depuis des semaines et des semaines qu'il faut avoir le plafond à 500 $ et que, là, on apprend que la chef elle-même, pour le financement de ses activités, de sa course au leadership, qui remonte à il y a quand même trois ans, on parle de 2007, et que, là, on maximise à 3 000 $ pour l'ensemble de la famille élargie, on trouve ça décevant. Mesdames messieurs, il va falloir que je...

Des voix: ...

M. Deltell: ...honnêtement, il va falloir que je...

M. Chouinard (Tommy): Est-ce que ça vous agace que Mme Marois se soit emparée... s'il vous plaît, M. Deltell.

M. Deltell: Honnêtement...

M. Chouinard (Tommy): S'il vous plaît, M. Deltell, est-ce que ça vous a agacé que Mme Marois s'empare du... s'empare du ballon éthique que vous aviez entre les mains depuis un certain moment?

(Fin de la séance à 9 h 51)

jeudi 3 juin 2010

3739. RÉVÉLATION DU 20 MAI 2010

POINT DE PRESSE DE M. GÉRARD DELTELL, DÉPUTÉ DE CHAUVEAU

Le jeudi 20 mai 2010, 11 h 15
http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-5243.html

Salle Bernard-Lalonde (1.131), Hôtel du Parlement

(Onze heures seize minutes)

M. Deltell: Alors, bonjour à vous tous. Alors, on a appris, comme tout le monde, ce matin, que le premier ministre a décidé de mettre de côté son salaire, qui est versé par le Parti libéral, de 75 000 $. Il s'agit, selon nous, d'une très bonne décision de M. Charest, que nous soutenons, bien entendu. C'est une bonne décision. On souhaite qu'il y en ait d'autres.

Maintenant, ça ouvre la porte justement au projet de loi concernant ce qui est proposé actuellement par le gouvernement, et on sait que, la semaine dernière, le premier ministre avait ouvert la porte concernant le code d'éthique pour ce projet de loi, concernant les députés. Eh bien, on souhaite qu'on aille de l'avant. On sait que le Parti québécois avait fait de cette condition-là, que le premier ministre se retire, enfin n'ait pas ce salaire-là du Parti libéral, une condition sine qua non pour qu'on aille de l'avant. Donc, cela est fait. Nous souhaitons tous que le travail soit fait consciencieusement. Comme je l'ai dit la semaine dernière, il n'est pas question de précipiter les choses. Nous ferons notre travail parlementaire consciencieusement et nous souhaitons que, oui, le projet de loi concernant le code d'éthique soit adopté le plus rapidement possible.

Journaliste: (Question inaudible)

M. Deltell: À notre regard, non, mais c'est clair qu'il faut faire notre travail et puis on ne peut pas présumer du travail qui va être fait, on ne peut pas présumer des objections qui pourront être... Alors, on ne peut pas présumer de rien pour le moment, mais c'est clair qu'à notre point de vue on est d'accord sur les grandes lignes, on est d'accord sur le principe. On ne voit pas d'objections majeures à ce qui est écrit dans le projet de loi et on souhaite qu'on aille de l'avant.

M. Plouffe (Robert): Est-ce que, selon vous, c'était vraiment un irritant? Pour le Parti québécois, c'était clair. Est-ce que, pour vous, le 75 000 $ était un irritant?

M. Deltell: Oui, c'était un irritant parce qu'on a pu mesurer la réaction de la population. Bon, dans un premier temps, soyons honnêtes, le fait que ce ne soit pas rendu public et que, vous, M. Plouffe, ayez eu l'information et questionné le président du Parti libéral à cet effet et que, là, ça a été connu, c'était... à sa face même, c'était une situation qui était embêtante. Et, moi, comme chef de l'ADQ, successeur de Mario Dumont, je le reconnais, parce qu'on sait que, nous aussi, à notre parti, on avait cette situation-là. Ce n'était pas une bonne idée et c'est bien que maintenant ce ne soit plus le cas. Donc, à sa face même...

Journaliste: ...

M. Deltell: Oui, parce qu'à sa face même ce n'était pas déclaré, donc ça pouvait poser des inquiétudes, ça pouvait poser des soupçons, et je sais que, le lendemain, le premier ministre l'avait déclaré lui-même, il a dit: On aurait dû le faire avant, le déclarer, ça, c'est la moindre des choses. Mais le fait que ce soit un prolongement offert par des contributeurs, à sa face même, ça créait un malaise dans l'exercice direct de la fonction que nous assumons.
Quand nous sommes élus, c'est d'abord et avant tout le service public qui nous guide, c'est d'abord et avant tout les intérêts supérieurs de la nation qui doivent guider notre action, et non le fait que nous sommes chef d'un parti politique ou encore associé à un tel parti politique; ce n'est pas ce qui doit nous guider. Et, veux veux pas, lorsqu'on a un salaire qui vient justement d'un parti politique, bien, c'est clair que ça va influencer notre choix, et ça ne doit pas le faire. On est là au service du public, on est là pour servir les citoyens, on n'est pas là pour se servir.

M. Boivin (Mathieu): M. Deltell, voyez-vous là-dedans un indice que M. Charest pourrait être tenté de quitter la politique?

M. Deltell: Non, non, non. Je ne vois pas ça comme ça. Non, je pense que ça fait... quoi, ça va faire bientôt 10 ans, 11 ans qu'il a ça, je crois qu'il a eu beaucoup...et je ne veux pas faire de la psychologie à cinq cennes là, M. Charest l'expliquera lui-même, mais je crois qu'il a pris conscience qu'en effet la population n'était vraiment pas derrière lui dans ce cas-là, et puis il a décidé qu'il pouvait agir de la sorte. Quant au reste, ses finances personnelles ne me regardent pas.

M. Perron (Sébastien): ...suffisant pour terminer la session sur une bonne note pour les libéraux, selon vous?

M. Deltell: Bien, c'est... Une bonne note, non. Pour que la session termine d'une bonne note, c'est que... comme je vous disais tantôt, c'est une bonne nouvelle aujourd'hui, souhaitons qu'il y en ait d'autres. Et qu'il y en ait d'autres, ça veut dire quoi? Ça veut dire que le premier ministre, et le parti, et le gouvernement libéral soient enfin conscients de cet appel de la population qui demande la tenue d'une enquête publique élargie sur la situation qui se vit actuellement dans le domaine de la construction, mais également sur les questions d'éthique. Et nous sommes prêts à ça. Nous sommes dans cette situation-là. Le premier ministre a fait ce premier pas aujourd'hui, bravo! Souhaitons qu'il y en ait d'autres.

Mme Thibeault (Josée): Est-ce que le salaire offert par un parti à un chef, c'est quelque chose qui est totalement à proscrire?

M. Deltell: Lorsque la personne... Écoutez, il faut que quelqu'un vive, on se comprend, là. Je veux dire, on ne peut pas vivre de l'air du temps, là, il faut que quelqu'un ait un salaire. Mais, lorsqu'on est élu par la population, on estime que c'est mieux d'agir seul, d'avoir uniquement le salaire versé par la population à titre d'élu. Ça a causé un malaise chez nous, je le reconnais. Moi, je vais vous le dire en toute franchise, quand j'ai fait campagne électorale, on m'a parlé beaucoup de ça, de l'histoire du salaire à M. Dumont. On m'en a beaucoup parlé. Puis j'ai pris... j'ai entendu cet appel des citoyens. Puis, moi, évidemment comme chef, bien, il n'était pas question pour moi d'avoir ce salaire-là.

Mme Thibeault (Josée): Est-ce que vous pensez qu'on devrait hausser le salaire du premier ministre du Québec de 75 000 $?

M. Deltell: Peut-être pas hausser de 75 000 $, mais c'est clair qu'on peut... que tous les citoyens aussi, plusieurs citoyens aussi trouvent... je ne dirais pas «tous» quand même là, mais plusieurs citoyens trouvent curieux que le premier ministre gagne moins qu'un directeur de société d'État. Le premier ministre a des charges extrêmement importantes, a des responsabilités très lourdes. C'est clair qu'on fait... qu'on ne s'engage pas en politique pour l'argent, ça, c'est évident, mais aussi il faut assumer pleinement le mandat qu'on a.

Moi, je dis tout le temps... les gens me demandent: Vous faites combien d'heures par semaine? Je dis tout le temps: Le jour où je compterai les heures, je vais compter les jours qu'il me reste à faire parce que, si on commence à compter les heures, on n'en finit plus, puis ce n'est pas un bon réflexe qu'on a. C'est clair que les responsabilités sont très lourdes. Et, quand on est chef de l'État québécois, c'est des responsabilités qui sont très exigeantes et qui doivent être payées en conséquence.

M. Chouinard (Tommy): Combien...

M. Deltell: Non, je ne peux pas... un salaire de... Je ne ferai pas... Je n'entrerai pas dans quel montant le salaire... le premier ministre devrait être payé.

M. Chouinard (Tommy): Est-ce que ça fait partie des discussions avec les libéraux, ça, c'est-à-dire: Écoutez, M. Charest va renoncer à sa prime puis, en échange, là, arrangez-vous pour qu'on puisse augmenter le salaire du premier ministre?

M. Deltell: Non, non, non, je n'ai pas eu de discussion à cet effet-là. Nous, à sa face même...

M. Chouinard (Tommy): Ils n'ont jamais parlé de rehaussement du salaire du premier ministre?

M. Deltell: Bien, moi, personnellement, non, bien honnêtement...

M. Chouinard (Tommy): Bien, à votre parti...

M. Deltell: Honnêtement, pas à ma connaissance, pas à ma connaissance.

M. Plouffe (Robert): ...l'autre irritant, à ma souvenance, là, c'était qu'il y en a qui voulait avoir un commissaire à l'éthique pour préparer le code d'éthique.

M. Deltell: Oui. C'est ça.

M. Plouffe (Robert): Vous, vous préférez quoi?

M. Deltell: Nous, on pense que... On veut adopter la loi telle qu'elle est, préparer le code d'éthique et, après ça, nommer le commissaire. C'est comme ça que ça s'est fait dans le cas...

M. Plouffe (Robert): ...adopté par les députés puis le commissaire après.

M. Deltell: C'est ça. Ça s'est fait comme ça dans le cas du lobbyisme. Traditionnellement, c'est la marche qui doit être suivie, et on est d'accord avec ce principe-là. C'est logique. Et là je crois qu'il y a une avancée qui a été faite par le premier ministre aujourd'hui, que l'on doit saisir. Et j'invite d'ailleurs le Parti québécois à saisir cette situation-là pour aller de l'avant et se dire: O.K., c'est beau. Là, on voit qu'il y a un pas qui a été fait par le Parti libéral, à nous d'en faire un, et on va de l'avant. Les Québécois demandent ça. C'est là où on est actuellement.

M. Perron (Sébastien): Pensez-vous que les contrats... - par exemple, je pense que l'opposition officielle parlait d'un autre irritant, c'était que certains ministres aient le droit d'avoir des intérêts dans des compagnies - que ce soit écrit clairement?

M. Deltell: Ah! ça, c'est sûr. Non, non, ça, c'est clair.

M. Perron (Sébastien): Ça pourrait aussi être un cas...

M. Deltell: Bien, c'est parce qu'à notre point de vue c'est clair que, lorsque vous êtes ministre, vous ne pouvez pas avoir des actions dans une entreprise qui fait affaire avec l'État. Ça va de soi. Et, nous-mêmes, comme députés...

M. Perron (Sébastien): ...code d'éthique absolument?

M. Deltell: Bien, moi, je pense que ça peut être une réflexion qui doit être approfondie là-dedans. Mais, à sa face même, ça ne tient pas la route. Même, ça me surprend qu'encore aujourd'hui, en 2010, on se pose cette question-là. Ça va de soi que, lorsque vous êtes... lorsque vous décidez d'être dans le comité exécutif... dans le Conseil exécutif, donc ministre, vous ne pouvez pas avoir des actions. Moi-même, je vous dirais, personnellement, par réflexion bien personnelle, j'ai des actions de Bombardier que... 200 seulement, parce que j'aime beaucoup Bombardier, j'aime beaucoup Joseph-Armand Bombardier. En tout cas, je ne vous conterai pas ma vie, mais j'aime bien ça. Et j'ai appelé notre conseiller là-dessus pour lui dire: Excusez, est-ce que j'ai le droit d'avoir ça? Est-ce que ça peut influencer mon vote, puis tout ça? Il a dit: Non, non, pas du tout. Et, en tant que tel, je pense que j'ai 0,000000001 % des actions de Bombardier. Alors, je ne suis pas bien, bien inquiet là-dessus.

M. Robitaille (Antoine): M. Deltell, 30 ans après le premier référendum, quel bilan faites-vous?

M. Deltell: Bien, de...

M. Robitaille (Antoine): Du référendum.

M. Deltell: Bien, écoutez, oui, c'est sûr qu'il y a 20 ans... il y a 30 ans - pardon - tout le Québec était pris avec ce moment-là important, charnière dans notre histoire, parce que, pour la première fois, les Québécois étaient appelés à se prononcer démocratiquement sur leur avenir constitutionnel. Et ça s'est fait évidemment avec beaucoup d'émotion, on l'aura compris. Ça s'est fait aussi avec des séquelles. Des familles ont été divisées là-dessus. 30 ans plus tard, ce que l'on comprend, c'est que le Québec est toujours à l'intérieur du Canada et le Québec a toujours réussi à s'affirmer et à s'épanouir pleinement.

M. Robitaille (Antoine): Est-ce que c'était une erreur de faire ce référendum-là?

M. Deltell: Non, pas du tout, au contraire. Et je vais vous dire pourquoi ce n'était pas une erreur: parce que ça a été fait selon les règles de l'art démocratique. Et on ne sera jamais assez reconnaissants envers René Lévesque et le Parti québécois d'avoir fait justement cet exercice démocratique selon les règles de l'art. Parce que le débat a été franc, le débat a été correct. Le Parti québécois s'était engagé, en 1976, à tenir ce référendum-là, ça a été fait, ça a été mené, et le résultat est tombé. Et je vous le dis...

M. Robitaille (Antoine): Vous auriez voté quoi?

M. Deltell: J'avais 16 ans. Et, je vous le dis, que...

M. Robitaille (Antoine): Vous auriez voté dans quelle direction si vous aviez pu voter?

M. Deltell: Ah! Moi, j'aurais voté non. Mais, je veux dire... Hein?

Journaliste: (Question inaudible)

M. Deltell: Non, je n'avais pas le droit de vote, j'avais 16 ans, là.

M. Perron (Sébastien): Pensez-vous, comme votre collègue Sébastien Proulx, que c'est de la fiction aujourd'hui?

M. Deltell: Je vais laisser M. Proulx réagir à ces choses-là. Ça fait toujours partie du débat public, mais, pour nous, ce débat-là ne doit pas être devant, mais, bien au contraire, ce qui doit être au devant, c'est la question des finances publiques. Et, oui, c'est vrai que nous sommes très attaquants là-dessus, mais on ne le sera jamais assez parce qu'il faut avoir les moyens de nos ambitions. Puis, au Québec, actuellement, on est la cinquième nation au monde à être la plus endettée. Ça, c'est beaucoup plus interpellant pour la population, c'est de voir qu'on continue à vivre au-dessus de nos moyens, c'est de voir qu'on continue à nourrir un État qui est beaucoup trop lourd puis beaucoup trop tentaculaire à notre goût. Ça, c'est un débat qui devrait être fait.

M. Robitaille (Antoine): Sur la question nationale, M. Deltell.

M. Deltell: Oui.

M. Robitaille (Antoine): Votre parti est né sur la question nationale. C'est des libéraux mécontents de l'attitude de Robert Bourassa à l'endroit de Meech, par exemple. Donc, il me semble que vous êtes en... Est-ce que vous n'êtes pas en décalage par rapport à l'histoire de votre parti quand vous dites: C'est les finances publiques qui est l'important puis pas la question nationale?

M. Deltell: Non, pas du tout. Non, pas du tout. L'ADQ a été fondé à ce moment-là avec la division du Parti libéral, c'est juste. Mais ça, c'était en 1994. 15 ans, 16 ans plus tard, les événements ont beaucoup évolué. Et je peux vous dire que l'ADQ, depuis plus de 15 ans, bon, enfin, depuis, mettons, 12, 13 ans, là, je ne veux pas rentrer dans les dates précises, mais, depuis des années, l'ADQ se distingue dans le débat public justement sur les finances publiques, justement sur une gestion réaliste et responsable, justement sur le fait qu'il faut mettre les priorités à la bonne place. Et les priorités, actuellement, au Québec, c'est vraiment la gestion des fonds publics correcte. C'est vraiment l'État tentaculaire qui est beaucoup trop lourd dans cet état.

M. Grant (John): The fact that Mr. Charest is ready to give up $75,000, is that going to help Bill 48 pass or is that all it's going to do?

M. Deltell: Well, I hope it will help the Bill 48 to pass, because it's a big step made by Mr. Charest, a good one, we salute that, but I think that Mr. Charest finally agrees with all the people, what they are saying about that, that it's not a good situation to have money from your party when you are elected. Well, it's a good step. We hope we have other good steps by Mr. Charest for the next days, or next weeks, or next months about a public inquiry. But, I think, yes, the door is open now to act professionally but quickly to the adoption of this bill.

M. Grant (John): Is the bill acceptable to you as it is written?

M. Deltell: Well, as I can see now, yes, it's a good one. But we have to work professionally about that. We have to work closely, we have to work our homework, as we say, but I think that, yes, it's a good situation and I think it's a good bill.

Mme Montgomery (Angelica): And you think that his salary, his salary for the National Assembly should be augmented... should be increased as a result?

M. Deltell: Well. Many people in Québec, and I do agree with them, are saying that the Premier is getting less money than a person who leads a public... «Sociétés d'État» how do you say that?

Mme Montgomery (Angelica): Crown Corporations.

M. Deltell: Crown Corporations. It's not a good situation. I agree with that. I think that, yes, but first and foremost when we are involved in politics, we don't do it for money, we do it because we have a cause to serve, we believe in some principles and we fight for them, first of all. Secondly, we know exactly what the salary will be. So, when we do the job, we know exactly what will be the pay, so, we agree with that. So, it's not when we're elected that we say: O.K. well, it's not... I'm not well paid, I would like to have an increase in my salary.

Mme Plante (Caroline): ...Mr. Deltell on the time of his a decision. Was Mr. Charest up against the law?

M. Deltell: Well, it's... I see it as a personal decision made by himself. I respect that. I think he should have done it before, not right now... not today but many months ago. He should have done that before, as we did in our party, because it's not a good situation. You have to be clear with the people for that and you have to explain exactly what's your income, how do you live with that because you're a public servant and that's the meaning of that.

Mme Plante (Caroline): Why do you think he did it today? Why today?

M. Deltell: I don't know. I don't want to speculate on that. Maybe, he listened to a lot of the people and all the people are saying that it's not a good situation. So, it's a good step, and I hope there will have more good steps from him.

Mme Plante (Caroline): A code of ethics would help. Even you had some concerns... some questions about your shares in Bombardier. So, can you elaborate on how the Code of ethics will help all MNAs?

M. Deltell: Yes. I think it will help to clear the air. What we have now is a situation where people do not trust public servants, people who are involved in politics. So, we have to clear the air and we have to be straight with the people, we have to tell them how we feel about that, and I think that this Code will help to clear the air because we don't know exactly where we can go.

Mme Plante (Caroline): ...about having shares in private companies?

M. Deltell: Well, because it can influence your vote, your decision on issues, and so it's very important. This is why, personally, as I told you, because it's a very personal manner about that, I do like this company, but I wanted to clear... to be clear with that. So, I asked our counsellor to tell me if it's O.K. and he said: Yes, it's O.K.

(Fin à 11 h 30)

3736

POINT DE PRESSE DE M. GÉRARD DELTELL, CHEF DU DEUXIÈME GROUPE D'OPPOSITION

Le mercredi 19 mai 2010, 11 h 35
http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-5229.html

Salle Bernard-Lalonde (1.131), Hôtel du Parlement

(Onze heures trente-huit minutes)

M. Deltell: Alors, bonjour, mesdames messieurs. Je suis extrêmement content de vous voir. Je ne vous cacherai pas que j'avais hâte de vous voir ce matin. Alors, écoutez, concernant la demande d'une commission d'enquête publique, on sait tous que c'est nous, l'ADQ, qui avons été les premiers à réclamer la tenue d'une enquête publique il y a plus de 13 mois, le 7 avril 2009, et nous en sommes très fiers. Donc, nous sommes d'accord avec la motion qui sera déposée et débattue la semaine prochaine par le Parti québécois. Nous allons voter pour.

Mais, ce matin, nous ne tenions pas à participer au théâtre de Pauline Marois. Ce qu'il faut comprendre, c'est que, tout au long de la fin de semaine, Pauline Marois n'a eu de cesse de répéter qu'elle était prête à gouverner, qu'elle souhaitait renverser le gouvernement. Des députés du Parti québécois nous ont même parlé d'un putsch par rapport à ça, et, nous, on ne veut pas embarquer là-dedans.

Donc, aujourd'hui, Mme Marois se rend compte qu'elle est allée trop loin, donc elle fait marche arrière et ne parle que de commission. Mais, nous, on n'est pas...on est très conscients de ce qui se passe, on est très conscients de son jeu: Pauline Marois veut renverser le gouvernement coûte que coûte, ce qui n'est pas une bonne chose parce que ça ne respecte pas les règles démocratiques qui sont établies comme telles, et c'est pour ça que, nous, nous ne voulons pas jouer dans le film de Pauline Marois. Mais, sur le fond des choses, vous comprenez très bien, et tout le Québec comprend que, nous, à l'ADQ, on est en faveur d'une commission d'enquête publique. J'ai encore eu l'occasion de le redire aujourd'hui en Chambre et de reposer la question au premier ministre. Malheureusement, le premier ministre fait la sourde oreille là-dessus. Mais c'est clair que nous tenons à une enquête publique sur l'industrie de la construction.

M. Chartrand (Yves): M. Deltell, vous ne souhaitez pas remplacer le gouvernement?

M. Deltell: Ce n'est pas ça, la question.

M. Chartrand (Yves): Mais là c'est ça, la question, oui. La mienne, c'est ça que ça... c'est ma question.

M. Deltell: Oui, oui, d'accord. Mais le point est que, toute la fin de semaine, Pauline Marois n'a pas eu... elle a toujours répété à qui voulait l'entendre, deux fois plutôt qu'une, qu'elle était prête à renverser le gouvernement, qu'elle souhaitait renverser le gouvernement et qu'elle voulait renverser le gouvernement.

M. Chartrand (Yves): Mais vous n'êtes pas prêt à renverser le gouvernement si jamais il y a une occasion qui se présentait, vous?

M. Deltell: Nous, renverser le gouvernement? Non.

M. Chartrand (Yves): C'est-à-dire que, si jamais le...

Journaliste: Vous allez soutenir le gouvernement?

M. Chartrand (Yves): Vous allez soutenir le gouvernement?

M. Deltell: Non, non, absolument pas! Non, non, absolument pas! Ce que je vous explique là-dedans...

M. Chartrand (Yves): Bien là, il faut être clair, M. Deltell, là.

M. Deltell: Oui, très bien, c'est beau. Dans la motion, nous allons voter pour, bien entendu, parce que nous voulons la tenue d'une commission d'enquête, mais c'est clair qu'on va être conséquents avec nous-mêmes: s'il y a une élection demain matin, nous sommes prêts, et nous sommes prêts pas à peu près, parce que nous sommes le seul parti qui a une véritable alternative à offrir aux Québécois.

M. Chartrand (Yves): M. Deltell, ce n'est pas la question que je vous pose. Si jamais il y avait une situation où vous pourriez renverser le gouvernement en raison du nombre, est-ce que vous voteriez contre le gouvernement ou non?

M. Deltell: On verra, on verra.

M. Chartrand (Yves): On verra? On verra?

M. Deltell: On verra. Mais là c'est extrêmement théorique, cette histoire-là. Le gouvernement...

M. Chartrand (Yves): Ce n'est pas théorique, la question que je vous pose, M. Deltell. Si vous avez...

M. Deltell: Oui, d'accord. Mais là, actuellement...

M. Chartrand (Yves): Si vous avez l'occasion, allez-vous le faire?

M. Deltell: Actuellement, le gouvernement est majoritaire, et cette question-là est théorique, et je n'embarquerai pas dans le jeu de Pauline Marois qui, en fin de semaine, s'est enfargée elle-même dans ses propres fleurs de son propre tapis en disant qu'elle souhaitait renverser le gouvernement.

M. Plouffe (Robert): Est-ce que c'est parce que vous n'êtes pas prêts, à l'ADQ, de partir en élections si jamais on déclenchait une élection?

M. Deltell: Alors, je présumais de votre question, j'ai répondu il y a une minute à M. Chartrand: Oui, on est prêts à aller en élections. Vous savez pourquoi? Parce que, nous, on est le seul parti au Québec qui propose le véritable changement. Le Parti libéral a déçu depuis sept ans et s'enfarge dans son propre immobilisme; le Parti québécois, Mme Marois a demandé à ses militants de faire des virages, et les militants lui ont dit promptement en fin de semaine: Non, c'est le statu quo. Vous avez deux partis qui sont les défenseurs de l'immobilisme. Le seul parti qui peut procéder au véritable changement que les Québécois souhaitent, c'est nous.

M. Boivin (Simon): Est-ce que vous n'affaiblissez pas un peu la demande, ce matin, de redemander une commission d'enquête en divisant l'opposition comme ça en s'appuyant sur une possibilité théorique très faible que le gouvernement puisse être renversé?

M. Deltell: On ne divise pas l'opposition. Nous sommes en accord avec cette proposition-là. Et pourquoi nous sommes en accord? Parce que nous avons été les premiers à défendre cette position-là, nous avons été les premiers, au Québec à réclamer la tenue d'une enquête publique il y a plus de 13 mois. Alors, oui, on est en faveur de cette motion-là, oui, on va voter pour. Mais, comprenez-moi bien, là, toute la fin de semaine, Mme Marois n'a eu de cesse de dire qu'elle était prête à renverser le gouvernement, puis là, aujourd'hui, elle nous arrive avec une motion qui va exactement dans le sens que, nous, on... Je m'excuse, là, mais, dans ce dossier-là, là, je ne peux pas avoir confiance en Mme Marois.

M. Boivin (Simon): Le putsch dont vous parlez, le putsch des péquistes, là, ça, ça s'orchestre comment? De quoi on parle?

M. Deltell: Mais je ne le sais pas du tout, mais ce que...

M. Boivin (Simon): C'est parce que vous avez parlé de putsch péquiste. Je ne comprends pas, là.

M. Deltell: Oui, parce qu'il y a des... Voilà. Parce que, toute la fin de semaine, vous avez entendu Mme Marois qui n'a eu de cesse de répéter qu'elle était prête à renverser le gouvernement. Et il y a des membres du Parti québécois qui sont venus nous voir pour nous dire: Est-ce que vous allez nous appuyer dans le putsch? Désolé, là, moi, je ne verse pas dans le putsch, et c'est pour ça que je vous dis...

M. Boivin (Simon): ...du Parti québécois qui sont venus vous voir...

M. Deltell: Oui, et c'est pour ça que je vous dis que...

M. Boivin (Simon): ...être plus précis sur qui vient vous voir?

Journaliste: ...c'est ça...

M. Deltell: Non, c'est ça. Il y a des gens du Parti québécois qui nous ont parlé de putsch. Et, nous, on ne mange pas de ce pain-là.

M. Boivin (Simon): Ils ont utilisé le mot «putsch»?

M. Deltell: On ne mange pas de ce pain, on ne mange pas dans cette assiette-là.

Journaliste: ...utilisé le mot «putsch.»?

M. Deltell: Oui, et on ne mange pas dans cette assiette-là.

M. Boivin (Simon): Il faudrait qu'ils coalisent aussi des membres du gouvernement, là. Si vous vous mettez tous ensemble...

M. Deltell: Et c'est pour ça...

M. Boivin (Simon): Pourquoi vous parlez...

M. Deltell: C'est pour ça...

M. Boivin (Simon): C'est ça que je ne comprends pas, moi.

M. Robitaille (Antoine): Est-ce que ce ne serait pas démocratique si jamais il y avait une majorité à l'Assemblée qui défaisait le gouvernement? Je ne comprends pas pourquoi vous parlez de putsch.

M. Deltell: Bien, c'est parce que c'est eux qui parlent de putsch, ce n'est pas nous autres, là. C'est eux qui nous ont abordés hier en disant: Allez-vous nous appuyer dans le putsch?, tu sais. Non.

Journaliste: ...mathématiquement, c'est impossible...

M. Deltell: Bien oui, je le sais, puis c'est pour ça qu'on trouve ça incroyable de voir que Mme Marois toute la fin de semaine n'a eu de cesse de répéter que c'est ça qu'elle souhaitait, qu'elle était prête à renverser le gouvernement. Ça a commencé vendredi soir à V, en disant: Êtes-vous prêts à renverser le gouvernement, oui? Non, je veux dire, on est en démocratie, là. La question ne se pose pas. Puis il y a eu des calculs particulièrement malheureux concernant M. Béchard, qui sont tristes.

Journaliste: Donc, c'est des députés qui vous ont approchés?

M. Deltell: Pour?

Journaliste: Le putsch. Ce que vous qualifiez de putsch.

M. Deltell: C'est des gens du Parti québécois qui ont employé ce mot-là. Puis, comme je vous dis, nous, on ne mange pas à ce râtelier-là.

Journaliste: ...vous allez appuyer la motion de mardi, mais ce n'est pas une motion de censure. Si ça devenait une motion de censure sur le même sujet, que feriez-vous?

M. Deltell: On verra. C'est hypothétique pour le moment.

M. Boivin (Simon): Donc, vous pourriez appeler le gouvernement, faire un peu comme Stéphane Dion...

M. Deltell: Bien, écoutez, je dis: C'est une question qui concerne la demande d'une commission d'enquête. On a été les premiers à réclamer ça, alors c'est clair qu'on s'en va dans ce sens-là. Toutes les demandes concernant une commission d'enquête, on va soutenir ça, c'est clair. On a été les premiers, on a été les premiers au Québec à réclamer la tenue d'une enquête publique. Or, c'est clair que toutes les motions qui vont dans ce sens-là, nous allons les soutenir, c'est sûr.

Journaliste: Une motion de censure?

M. Deltell: Ça, c'est hypothétique. Votre question est hypothétique.

Journaliste: Me Cimon, hier, il dénonçait le climat de salissage, là, qui entoure le débat actuellement puis qui éclabousse toutes les personnes qui s'en approchent, là. Qui est responsable de ça, selon vous? Est-ce que c'est l'opposition?

M. Deltell: Bien, malheureusement, si le premier ministre avait accepté, il y a plus d'un an, notre demande de tenir une enquête publique, on n'en serait pas là aujourd'hui. On aurait pu faire toute la lumière là-dessus. Et les gens qui sont impliqués là-dedans auraient pu clairement exprimer leurs points de vue. Mais malheureusement le Parti libéral s'obstine, avec la FTQ-Construction entre autres, à refuser la tenue d'une enquête publique pour faire la lumière.

Et, dans le cas de Me Bastarache, c'est pour ça que j'ai posé la question aujourd'hui au premier ministre, il a une belle occasion actuellement, une belle occasion de revoir le mandat puis de dire: O.K., élargissons-le. Mais malheureusement le premier ministre agit comme le chef du Parti libéral et non comme premier ministre et il restreint ça à ses propres intérêts, et ça, c'est malheureux. Donc, nous, on estime...

Journaliste: Avez-vous pensé...

M. Deltell: Juste une seconde! Nous, on estime qu'il est beaucoup mieux que l'on tienne une commission d'enquête publique qui irait au fond des choses.

M. Robitaille (Antoine): Qu'avez-vous pensé du port de l'écharpe?

Journaliste: ...commission d'enquête est récupérée par des luttes partisanes?

M. Deltell: Non, parce que, tant qu'on ne fera pas la lumière là-dessus, on continuera à faire notre travail, notre travail législatif, notre travail de parlementaires, notre travail d'opposition. C'est pour ça que, nous, il y a un an, on a fait ça et c'est pour ça qu'on va soutenir des motions qui vont justement dans le sens de la tenue d'une enquête publique. Mais, pour nous, il n'est pas question de jouer dans le film de Pauline Marois. Pauline Marois a passé la fin de semaine à dire qu'elle voulait... qu'elle était prête à renverser le gouvernement, puis là elle nous arrive avec cette motion-là. Désolé, là, dans le cas présent, là, dans ce dossier-là, je ne peux pas lui faire confiance.

M. Robitaille (Antoine): Qu'avez-vous pensé du port de l'écharpe blanche de la pureté?

M. Deltell: Bien, c'est leur façon de faire.

Mme Plante (Caroline): Mr. Deltell, can you explain your position? You would support the motion, but you didn't want to be there this morning?

M. Deltell: Yes. We do support this motion for sure because we were the first to ask for a public inquiry on that subject. So, for sure, we do agree with that kind of proposition and with that kind of motion. But, the point is that we don't want to play into the Pauline Marois' movie. During all the weekend, Pauline Marois repeated, interview after interview, «We're ready to fight this Government, we're ready to put down this Government, we're ready to govern, we're ready to have an election as soon as possible.» She said that many times. Well, and now, today, she's asking for a commission. As far as I'm concerned, what we have seen now is that the true color of the Parti québécois is to get the power as soon as possible whatever happens, as soon as possible, even without any changes that people need, because, during the weekend, the Parti québécois' supporters said, «We don't want to change anything in our province.» So, even if this party cannot make the changes that people need, they are ready to put down this Government, and we don't agree with that. We don't want to play in this movie. We do not trust...

Journaliste: Why not bring down the Government?

Mme Montgomery (Angelica): ...the Government, you could all loose your jobs. How much of a consideration is that?

M. Deltell: Well, that's not the point today. The point is that this party... Pauline Marois is asking... said all the weekend that she wants to bring down this Government, is ready to fight for this Government and is ready to have an early election. And now, today, she's asking for a public inquiry, what we were asking for more than a year. So, sorry for that, but, on that subject, I cannot trust Mme Marois. Mme Marois smells the blood of power, and it's not the kind of politics I want to do.

Des voix: ...

Mme Montgomery (Angelica): What did the PQ asked you and how many of you haven't earned your pensions yet?

M. Deltell: I don't know. And, as far as I'm concerned, I don't care.

Mme Plante (Caroline): What did the PQ asked you when you talked about a putsch? What is it that the PQ asked you yesterday?

M. Deltell: Well, we had so many private conversations with all the parties, with Mr. Khadir, with the independent MNAs, with the Official Opposition, even with the Liberal Party. We had, day after day, chats. We chatted together. We had formal talk about that, but we want to keep it inside us. But when someone came to us saying: Are you ready to support us in the putsch?, well, that's not what we want to.

Mme Plante (Caroline): Mathematically, isn't it impossible? Why even talk about a putsch?

M. Deltell: For sure! For sure! Because they want... they talk about that. And they are not alone because... Well, they're not alone... Their own leader talked about that all the weekend. All the weekend, Pauline Marois said interview after interview: Yes, we are ready to fight, yes, we are ready to bring down this Government, yes, we're ready to have an early election and we want that. Well, that's her story, that's fine, that's her position, and I respect that but I don't want to play in her movie.

Mme Plante (Caroline): ...get Liberals on board? What is it that they are trying to do?

M. Deltell: Ask them the... Ask her this question. I have a lot of questions to answer for myself, I will not answer the questions for Mme Marois.

M. Séguin (Rhéal): ...mention to have a putsch...

M. Deltell: Well, someone...

M. Séguin (Rhéal): Some MNAs, PQ MNAs...

M. Deltell: ...talk about that yet, and we don't want to play in that movie. So, this is why, as far as we are concerned, this morning, it was a Pauline Marois' movie and we don't want to play in that. Because the Pauline Marois' agenda is to put down this Government, have an early election, and so we don't agree with that.

Journaliste: ...

M. Deltell: Not really.

Journaliste: You want to play in the Jean Charest's movie?

M. Deltell: No, not at all. Because maybe you have seen for so... months after months, question period after question period, I asked for a public inquiry, I will do it again.

Journaliste: How would you qualify the current political climate in Québec? You know many people say it's getting rotten to the core. How would you...

M. Deltell: Well, I would not say rotten to the core. But the point is that people want to have confidence in their institution and, for that, as far as we are concerned, this is why a year ago we asked for that. The only solution for that is a public inquiry. And so, this is why we are strongly supporters of any motion asking for that kind of action. Because people need that, people have the right to know what... how this Government is doing now. And the only way to clear the air is a public inquiry. And so this is why we were the first party to ask for that, and so we don't want to play in the Pauline Marois' movie asking to put down this Government and have an early election as soon as possible. That's her role, that's not mine.

Mme Plante (Caroline): Why is it such a bad idea to try to bring down the Government?

M. Deltell: Well, because this is... there is a majority government. I'm a democrat guy, you know? I've been elected, and I respect democracy, and I want to play as good as I can my Parliamentary role. So, there is... Next week, we will have this motion, we will debate about that, we will vote for that, because they are asking exactly what, us, ADQ, is asking for more than a year. Merci bien.

(Fin à 11 h 51)

vendredi 14 mai 2010

3628

POINT DE PRESSE DE M. GÉRARD DELTELL, CHEF DU DEUXIÈME GROUPE D'OPPOSITION

Le mercredi 12 mai 2010, 13 h 15

http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-5171.html

Salle Bernard-Lalonde (1.131), Hôtel du Parlement
(Treize heures huit minutes)

M. Deltell: Très bien, messieurs dames. Alors, bonjour et bienvenue. Merci bien d'être là à notre point de presse concernant nos réactions par rapport au rapport du Vérificateur général.
Bien, écoutez, la grande conclusion qu'on tire du rapport du Vérificateur général, c'est que les constats du Vérificateur sont les mêmes que nous, à l'ADQ, faisons depuis des années concernant les commissions scolaires et concernant également l'immigration ,de même que le Dossier santé Québec.

Concernant les commissions scolaires, ça fait des années que, nous, on estime qu'il y a mauvaise gestion des fonds publics dans ce dossier-là, et le Vérificateur conclut également aux mêmes situations, à la même situation. Il parle d'économies d'échelle qui pourraient être réalisées, il parle d'une meilleure coordination qu'il pourrait y avoir entre les commissions scolaires et il parle d'un effort qui devrait être supplémentaire dans ce dossier-là, et ce n'est pas fait, et des économies qui peuvent être quand même assez substantielles, quand on pense, entre autres, à une commission scolaire, qui est d'ailleurs dans ma circonscription, des Premières-Seigneuries où on pourrait économiser 23 % si les efforts étaient faits pour avoir une meilleure gestion. Bien, nous estimons que c'est dans la ligne directe que ce que, nous, nous préconisons depuis des années, c'est qu'il y a énormément de pertes d'argent dans la gestion des commissions scolaires et que c'est... les Québécois seraient mieux servis si on donnait davantage de services directs aux élèves plutôt que d'engranger et de grossir une structure qui est déjà très lourde.

Concernant l'immigration, le constat du Vérificateur est assez sévère, mais, malheureusement, le constat est le même que nous, à l'ADQ, faisons depuis des années, c'est-à-dire que nous souhaitons une immigration, mais, pour réussir l'immigration au Québec, il faut qu'à la base la sélection soit juste et honnête et dire exactement l'heure juste aux immigrants potentiels et, une fois que les immigrants sont ici, au Québec, pouvoir les accueillir comme il se doit.

Or, dans les deux cas, le Vérificateur constate qu'il y a des lacunes. Ce qui donc nous amène à la conclusion que nous souhaitons une immigration, et, pour réussir une immigration réussie au Québec, et nous la souhaitons, il faut que les gens soient, à la base, bien informés, que la sélection des immigrants se fasse correctement et, une fois que les gens sont ici, au Québec, qu'on puisse les accueillir convenablement, qu'on leur offre les services auxquels ils ont droit pour que cette intégration... que cette immigration soit réussie.

M. Ouellet (Martin): M. Deltell, il y a 55 000... on attend 55 000 immigrants cette année. Est-ce qu'il y en a trop?

M. Deltell: Ce n'est pas une question qu'il y en a trop, c'est une question qu'on doit les accueillir comme il se doit. Et le Vérificateur...

M. Ouellet (Martin): Donc...

M. Deltell: Voilà. Et le Vérificateur général affirme, constate que la sélection n'est pas à la hauteur des attentes et qu'une fois qu'ils sont ici les services qu'on leur offre ne sont pas non plus à la hauteur des attentes. Alors, nous, ce que nous disons, c'est qu'il faut réussir l'immigration au Québec. Nous voulons qu'il y ait des immigrants au Québec, nous le souhaitons ardemment, mais encore faut-il les accueillir comme il se doit. Et le constat que nous faisons depuis des années et le constat que fait aujourd'hui le Vérificateur, c'est que, malheureusement, au Québec on n'a pas... on n'est pas à la hauteur des attentes concernant l'immigration. Nous souhaitons qu'on les accueille correctement, mais pour ça il faut avoir les moyens, et actuellement nous n'avons pas ces moyens-là.

M. Chartrand (Yves): Donc, vous autres, vous souhaitez que, si on n'a pas les moyens de les accueillir... qu'en attendant qu'on ait ces moyens-là il faut y aller avec la pédale douce.

M. Deltell: Absolument, et la raison est la suivante: c'est qu'il n'y a personne qui gagne dans ces cas-là, le Québec ne gagne pas, et les immigrants surtout ne gagnent pas. Ces gens-là deviennent des victimes de notre système, et il n'y a personne qui gagne lorsqu'on accueille quelqu'un puis qu'on lui dit: Ah! Bien, regarde, finalement on n'a pas les moyens de t'accueillir, mais ce n'est pas grave.

M. Ouellet (Martin): Non, mais soyons pragmatiques, M. Deltell, là. Le VG l'a dit, bon, il y a 17 % de chômage chez les immigrants et qu'on... il n'y a aucune façon de mesurer la capacité du Québec de les intégrer dans le marché du travail. À ce moment-là, est-ce qu'il ne faudrait pas revoir les taux justement pour savoir combien le Québec est capable d'accueillir, combien on est capables collectivement d'intégrer tous ces gens-là?

M. Deltell: Bon, souvenons-nous qu'il y a quelques années, lorsque le débat a fait... a été soulevé, on parlait de 45 000 immigrants au Québec. Nous estimons que c'est un chiffre qui devrait être maintenu. Bien sûr qu'on souhaiterait qu'il y en ait davantage, mais, actuellement, notre société n'est pas en mesure d'accueillir tous ces gens-là comme il se doit, et, tant et aussi longtemps qu'on se fait des accroires entre nous autres, il n'y a personne qui gagne, le Québec ne gagne pas, et surtout les immigrants ne gagnent pas. Quand on les accueille puis on leur fait dire: Oui, oui, vous allez voir, ça va bien aller, et finalement la francisation ne se fait pas comme il se doit, l'accueil pour l'emploi ne se fait pas non plus, et les familles ne sont pas bien accueillies comme il se doit, c'est... les premières victimes, ce sont les immigrants, et on ne gagne pas du tout.

M. Moalla (Taïeb): J'ai bien compris qu'il faudrait idéalement ramener à cible de 55 00 à... revenir à 45 000 ou j'ai mal compris?

M. Deltell: Notre position est celle-là, c'est à dire qu'il faut les accueillir comme il se doit. À l'époque où le débat faisait rage, il était... a été lancé, plutôt, il était à 45 000. Nous estimons que c'est une cible qui doit être... qui est réalisable, mais le constat est cruel et brutal, est qu'actuellement, 55 000, on n'a pas les moyens d'accueillir ces gens-là comme il se doit, et c'est nous que nous pénalisons mais, d'abord et avant tout, les immigrants, et c'est ça qui est triste. On génère des attentes et on crée des déceptions, et il n'y a personne qui gagne là-dedans.

M. Moalla (Taïeb): Est-ce possible que le problème de fond demeure le fait que le Vérificateur général dit: «Absence de critères socioéconomiques ou des choses... des balises bien claires pour savoir comment ils viennent»? Donc, que ce soit 55 000, 45 000 ou 30 000, là, dans tous les cas, le problème de base serait d'avoir des critères plus objectifs.

M. Deltell: C'est à la racine même du cas, du problème qui est généré actuellement avec ça. C'est-à-dire que si, à la base, on disait aux gens qui veulent immigrer au Québec: Ah oui, vous allez voir, la terre d'accueil et ci, et ça, c'est bien beau, mais, si la réalité n'est pas celle-là, on crée des déceptions. Alors, le Vérificateur constate deux choses: constate un problème à la base, c'est-à-dire pour l'arrivée des immigrants, et constate un autre problème une fois que les immigrants sont ici. Dans les deux cas, ce sont des signaux d'alarme que, nous, à l'ADQ, avons identifiés et avons sonnés depuis des années, et là le Vérificateur, malheureusement, nous donne raison.

M. Grant (John): When you talk about the problems you bring up, how much of the problems you talk about could be solved if there was a real link between the needs of the labor market in Québec and the choice of immigrants?

M. Deltell: Well, the point is that we have to tell the truth to the people. If we don't tell the truth, well, the reality will be very strong and very difficult for them. First of all, we have to tell exactly what is the situation here, in the Province of Québec, when someone would like to immigrate here. If we have some big difficulties with... unemployed, with «francisation», well, we have to tell them. We have to be clear with them. We have to tell the truth. If we don't, people will arrive here and will face big difficulties, and then they will create problems. The problem is that if we receive too much people and we can't welcome them as good as we have to, well, we have problems here for «Québécois» and we have problems for immigrants. And the real problem is that immigrants will not be happy here, so that we'll not be... no one will win with that. The immigrants will not win, and us, we'll not win neither.

M. Grant (John): ...Québec chooses. So, shouldn't they say: OK, we need 10 structural engineers, two architects, three doctors and then go out and find them rather than go out and say: OK, we need, you know, a bunch of people who speak French and...

M. Deltell: Well, I don't think that we have to identify clearly or exactly, numerically speaking, what kind of people we need, but, most of all, we have to tell them the truth. And, yes, we would like to welcome high-educated people, people who have a lot of money with themselves, big families and all that stuff, you know, for sure, we would like to have that, but the point is that we have to be clear with them. We have to tell them the truth. We have to be honest with them because the situation now is that we welcome them, saying everything, and sometimes that's not true. And we create difficulties, we create problems with them. And so it's not fair for them.

M. Duboyce (Tim): ...seems to be indicating that Québec sort of trades in the supremacy or the primacy of work qualifications in order to take into account knowledge of French and other social factors. Essentially, we're passing by otherwise qualified immigrants in order to insure a quota of people who speak a bit of French. Is that reasonable?

M. Deltell: Well, as we know, we are a French society. As we know, people here have to speak French, to be 100% powerful or... I mean, «efficaces»...

Une voix: ...

M. Deltell: ...empowered. Thank you. As you know, I'm not bilingual, so... but hopefully I can speak French. But it's a French society, and we have to tell them the truth about that. But we have to offer them the tools to be ready to achieve the life here, in the province of Québec, in French. And, for that, we need more French courses. But if we receive them, if we welcome them, and they are right here, and we don't have any structural situation to help them to learn French, well, we disserve them. And we create problems. We create problems. It's not them who have... who are the problems. We are the problem because we cannot receive them as good as we have to.

Une voix: ...

M. Deltell: Sorry, madam, but, first of all...

Une voix : Same question...

M. Deltell: OK. Thank you.

Mme Plante (Caroline): Why say you want to reduce or bring down the number of immigrants when, in fact, the problem seems to be that there's a lack of criteria?

M. Deltell: Well, because we are not as good as we have to. For sure, we want to welcome everybody here. For sure, we have manworker problems in the future, for sure we have to welcome, as much... as many as we can, immigrants, but the point is that we don't have here the facilities to welcome them as good as we have to. And we create more problems than we have to, and no one will win with that. The Québec society will not win, but, most of all, the immigrants will not win because they will arrive here and they will not achieve their personal goal. And, let me be clear with you, my parents are immigrants, I'm an immigrant's son, and I know what it is when you arrive in a new society. Well, the point is that it's a hard work, but you come here with your heart, but if the society cannot welcome you as you want, you create problems.

Mme Plante (Caroline): So, the solution is to bring it down, bring that number down to about 45 000?

M. Deltell: This is where we stand for... this is where we stand because right now we are... we cannot welcome them as good as we have to. We create more problems for them. They are the first victims of our situation now.

Mme Montgomery (Angelica): When the Minister says that we have fewer qualified candidates to choose from because we're looking for Francophones, you don't see that as the problem?

M. Deltell: Well, what I see is that if those people cannot speak French, we have to welcome them with French courses. And if we cannot offer them French courses, well, see you next year. We have to be honest with them. If we don't tell them the truth, that it's a French society, you have to live in French, we have to work in French, but for that we will give you a hand, we will give you French courses... that's great. But if we cannot give them the tools, well, we create problems.

Le Modérateur: Robert Plouffe.

M. Plouffe (Robert): Oui. Si vous me permettez...

M. Deltell: Oui.

M. Plouffe (Robert): ...sur un autre sujet, l'affaire Coretti, est-ce que, selon vous, c'est terminé? Est-ce qu'on a fait le tour du jardin?

M. Deltell: Bien, le problème, c'est qu'on ne le sait pas encore. Vous avez vu ce que, moi, j'ai parlé tout à l'heure, de la vérité au compte-gouttes. C'est clair que ce gouvernement-là se distingue avec une vérité évolutive. Les jours se passent, et la vérité éclate au grand jour. C'est la vérité au compte-gouttes. Jour après jour, on apprend des nouvelles choses, jour après jour, le gouvernement nous dit: Bon, c'est beau, c'est fini, puis, pouf, le lendemain, il arrive autre chose. Alors, est-ce que c'est la fin? On ne le sait pas parce que malheureusement ce gouvernement-là se distingue en disant une chose puis le lendemain il dit le contraire.

M. Plouffe (Robert): Maintenant, vous avez... vous semblez douter de la réponse de Mme Boulet. Est-ce que la réponse de M. Dupuis sur le fait qu'on ait nommé M. Duchesneau, un homme qui était contre les commissions d'enquête... en faveur d'une commission d'enquête publique... Est-ce que vous pensez que la réponse de M. Dupuis vous a contenté, vous a rassuré?

M. Deltell: C'est sûr que non, bien entendu. Je veux dire, il n'y a rien de mieux que la vérité qui éclate au grand jour, lorsqu'on surprend quelqu'un avec une question. Et, quand hier, justement à TVA, j'ai vu Mme Boulet se faire poser une question somme toute fort simple : Est-ce que c'est là pour le taire?, la réponse évidente, si c'était réellement le cas, c'est de dire: Bien, non, voyons donc. Au contraire, elle a laissé traîner un long silence douloureux pour elle. Mais la vérité lui permet d'éclater au grand jour. Alors, c'est clair, à sa face même, que M. Duchesneau a été nommé pour se taire. Il faut remarquer que M. Duchesneau a été un des premiers porte-parole, très forts d'ailleurs, à souligner qu'en effet il fallait une commission d'enquête publique dans le domaine de la construction. Et voilà qu'il est nommé dans ce dossier-là et, hop, ça y est, il dit: Ah, non, finalement ce n'est pas si pire que ça. Comment après ça on peut poser des questions sur le cynisme en politique? En voilà un autre exemple.

M. Plouffe (Robert): Et sur ce qui est sorti sur la FTQ-Construction, encore une fois, est-ce que c'est un élément supplémentaire pour réclamer cette commission d'enquête là?

M. Deltell: C'est clair qu'encore une fois les pierres s'accumulent les unes par-dessus les autres. Et, encore une fois, on voit que l'étau se resserre vers deux groupes, qui refusent obstinément la tenue d'une enquête publique, à savoir le Parti libéral et la FTQ-Construction. C'est clair que, là, ils sont vraiment isolés. Et, jour après jour, il y a des cas qui s'accumulent, il y a des pierres que s'imbriquent les unes par-dessus les autres mais qui édifient de façon très éclatante ce que les Québécois veulent, une commission d'enquête publique sur la construction.

(Fin à 13 h 22)

2

POINT DE PRESSE DE M. GÉRARD DELTELL, CHEF DU DEUXIÈME GROUPE D'OPPOSITION

Le mardi 11 mai 2010, 10 h 30
http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-5157.html

Salle Bernard-Lalonde (1.131), Hôtel du Parlement
(Dix heures trente-cinq minutes)

M. Deltell: Alors, mesdames messieurs, bonjour. Écoutez, nous sommes devant une situation de manque flagrant de jugement dans l'exercice des fonctions politiques versus le judiciaire.
Nous, à l'ADQ, nous estimons qu'il est primordial d'avoir une distinction très forte entre le politique et le système policier. Dans le cas présent, il y a eu une ingérence directe qui nous apparaît inacceptable, et Jacques Dupuis, le ministre de la Sécurité publique, a fait preuve d'un manque de jugement très grave, et ce, à deux reprises, dans le cas qui nous intéresse.

Tout d'abord, en acceptant de rencontrer à son bureau de circonscription un citoyen qui était... qui se disait maltraité concernant une situation de port d'armes. À sa face même, il n'aurait pas dû accepter cette rencontre-là. Pourquoi? Parce que la question du port d'armes est une question purement technique qui relève exclusivement du monde judiciaire, du monde policier. Ça appartient aux policiers à juger si, oui ou non, quelqu'un peut avoir le port d'armes. Le politique n'a strictement rien à voir à ça. Donc, que M. Dupuis savait que c'était le point qui voulait être débattu, il a accepté ça, c'est d'abord une erreur de jugement.

Mais, pire, il a mandaté un membre de son cabinet pour faire un appel à la Sûreté du Québec. Alors là, c'est une deuxième erreur, c'est encore plus grave parce que non seulement il accepte d'accueillir une situation semblable à son bureau mais, en plus, il mandate des gens de son bureau pour faire des démarches auprès de la Sûreté du Québec. C'est de l'ingérence pure entre le politique et le policier, et, dans notre système, pour nous, c'est tout à fait inacceptable.

C'est pour ça qu'on estime que M. Dupuis a fait preuve d'un manque de jugement très grave, qui entache sa réputation, qui entache notre processus policier et qui donc commande une action sévère de la part du premier ministre. Il faut absolument que le premier ministre fasse la lumière là-dessus, demande des comptes à son ministre. Et je tiens à vous rappeler qu'en d'autres temps Jean Charest a déjà quitté le Conseil des ministres fédéral pour avoir appelé un juge. Alors, quand on constate que le ministre de la Sécurité publique s'ingère directement dans un processus de port d'armes, d'un permis de port d'armes, c'est une ingérence directe dans le monde policier, je crois que le premier ministre a des comptes à demander à M. Dupuis.

M. Chartrand (Yves): ...M. Deltell, il y a une autre facette à ça qu'il faut voir, c'est... Il y a un processus rigoureux qui est en place pour accorder un port d'armes. Comment ce processus-là peut-il être... Là ce que vous dites, c'est que l'intervention de M. Dupuis a eu clairement un impact sur la décision, puisqu'il avait été refusé une première fois et que, dans une seconde tentative, après avoir rencontré le ministre, il l'a obtenu. Comment le processus peut être aussi fragile par rapport à ça? Est-ce qu'effectivement vous croyez que, parce qu'il y a eu un coup de téléphone du bureau... un coup de téléphone ou un contact avec le bureau du ministre, que c'est ça qui a fait que la décision a été renversée?

M. Deltell: J'espère que non, mais la question doit être posée et la réponse doit être donnée par les autorités de la Sûreté du Québec et aussi par M. Dupuis, parce que M. Dupuis a accepté à deux reprises d'intervenir directement dans une question qui relève essentiellement du monde policier. La question du port d'armes, je m'excuse, là, ce n'est pas un cas de comté, là. Moi, comme député, j'en reçois à tous les jours, des citoyens qui m'amènent un cas de comté. La question d'un port d'armes, ce n'est pas un cas de comté, là, ce n'est pas quelqu'un qui a une difficulté avec un organisme public. On parle du port d'armes. C'est policier pur, ça relève uniquement du policier. Et, que le ministre de la Sécurité publique qui accepte d'accueillir dans son bureau quelqu'un qui a un problème avec son permis de port d'armes, c'est un manque de jugement colossal. Et, pire que ça, il demande à quelqu'un de son cabinet d'appeler la Sûreté du Québec, c'est double ingérence tout à fait inacceptable. M. Dupuis a fait preuve d'un manque de jugement terrible dans cette situation-là, et il faut qu'il en paie le prix.

M. Chartrand (Yves): Vous avez parlé de la démission de M. Charest lorsqu'il avait appelé un juge. Est-ce que vous dites que, dans le cas de Dupuis, ça devrait être la même chose?

M. Deltell: Honnêtement, je ne vois pas comment on pourrait faire autrement, puis la raison est fort simple. Je veux dire, c'est une ingérence directe du politique dans le monde policier. Souvenez-vous que M. Charest, il y a 25 ans, à titre de ministre, avait... était intervenu dans le monde judiciaire, avait appelé un juge. Et la condamnation était venue immédiatement: Dehors, un ministre ne peut pas faire ça. Dans le cas présent, nous devons préserver, nous devons sauvegarder l'immunité entre le politique et le policier. Le jour où le politique s'insère dans le policier, malheureusement les règles sont brisées et la confiance est amochée.

M. Chartrand (Yves): Est-ce qu'on peut en déduire que vous allez demander sa démission en Chambre?

M. Deltell: Ça appartient au premier ministre; ça, c'est clair. Mais le premier ministre a une...

M. Chartrand (Yves): Est-ce que vous allez l'exiger?

M. Deltell: Bien, regardez, les faits, les faits malheureusement conduisent à ça. Est-ce qu'il y a d'autres explications qui méritent d'être connues? La réponse appartient au premier ministre. C'est le premier ministre qui, lui, en son âme et conscience, peut voir si, en effet, il estime qu'il y a eu une intervention ─ nous, on estime que oui ─ qui est tout à fait inacceptable. Et, dans le cas présent, le premier ministre n'aura pas d'autre choix que de demander le départ de son ministre de la Sécurité publique parce que, je vous le répète, c'est une ingérence directe entre le politique et le policier, et, dans notre État, on ne peut pas accepter ça.

M. Chartrand (Yves): Des questions sur d'autres sujets, est-ce que je peux ou... Oui? Je voudrais savoir, avoir une réaction de votre part, M. Deltell, concernant justement encore M. Dupuis et le premier ministre, qui ont fait des contributions à la Fondation Garnierkids.com, qui appartient à Joe Borsellino, qui est un constructeur qui a eu des contrats dans la construction de garderies, qui a été mêlé à quelques histoires un peu douteuses, notamment, à Montréal, il avait invité un M. Marcil en Italie, qu'il a fallu qu'il démissionne.

Comment vous réagissez à des... au premier ministre puis à M. Dupuis qui se sert de son budget discrétionnaire pour donner à cette fondation-là qui, elle, accorde des... donne de l'argent à des hôpitaux reliés à des causes pour les enfants, au lieu de donner l'argent directement aux hôpitaux, donc?

M. Deltell: Bon. C'est un cas qui est très délicat, puis je pense que le premier ministre a été clair aussi là-dessus, concernant M. Dupuis. Puis, moi, je vais vous dire, parce que M. Dupuis, bon, on sait son histoire avec son enfant, et tout ça, puis je veux être très, très prudent dans cette affaire-là, monsieur... parce que... M. Chartrand, parce que, moi le premier, dans ma circonscription, je reçois souvent des demandes comme ça, des gens qui aimeraient qu'on donne un coup de main à une fondation. Puis, nous, on évalue toujours ça en fonction de la fondation, en fonction des objectifs qui sont recherchés là-dedans. Et, dans le cas présent, nous estimons que la fondation a des objectifs nobles.

Que le premier ministre, que M. Dupuis aient décidé eux-mêmes, en leur âme et conscience, d'aider cette fondation-là parce que ça rejoignait leurs préoccupations et ils estimaient que c'était une bonne cause, ça leur appartient, et je respecte ça. Maintenant, est-ce qu'ils auraient pu faire ça, donner directement à une fondation d'hôpital? Ça, je vous dirais que, moi, comme député, je reçois souvent des demandes comme ça et je laisse au bon jugement, aux gens à faire ce qu'ils veulent faire avec ça, mais, moi, comme élu, ce que je regarde, c'est: Est-ce que l'intérêt public, l'intérêt commun est préservé dans ça? Ça peut aller d'un coup de main à un organisme caritatif comme les Chevaliers de Colomb, un organisme qui s'occupe des jeunes comme la maison des jeunes, ou des scouts, ou tout ça. Et ça, ça appartient vraiment au jugement du cas-par-cas. Dans le cas présent, je ne voudrais pas aller plus loin que ça, eu égard à ce que vous savez.

Mme Montgomery (Angelica): Mr. Deltell, I think a lot of people will say... or I expect the natural response from the Government would be: It's normal for people in our riding to come to us and ask us for help for various things. So how will you respond to that when it comes to the...

M. Deltell: Well, because this is not an usual case. The point is: it's about a weapon. We ask a license to have a weapon with us, to carry a weapon... Is that the right sentence in English, «a license to carry a weapon»? O.K. So it's not the same thing of someone who would ask to have a hand for CSST, or something else, you know.

When we talk about weapon, we talk about police, so we're not talking about politics. There is a huge difference between politics and the police. There is a huge difference, there is a wall between the Sûreté du Québec and the politics. And, when the Cabinet Minister, receiving at his...in his own office, in his office a person who would like to ask for a review of a decision of la Sûreté du Québec concerning a license, a license to carry a weapon, well, it's a bad judgment.
And, after that, what he has done, Mr. Dupuis asked one of his Cabinet Members to call the Sûreté du Québec to have a response to the situation, which is a second mistake. So, in my personal... in my point of view, in our point of view, in two times, Jacques Dupuis failed in his obligation to have a wall between the politics and the Sûreté du Québec. So he failed in this situation twice.

And so this is why I think, when we remember that Jean Charest had to quit the Cabinet, the Federal Cabinet because he called a judge, I think it's the same situation there, because Mr. Dupuis had a lack of judgement in this situation. He had to respect the wall between the politics and the Sûreté du Québec, but unfortunately he failed to recognize that wall, and he intervened two times.

Mme Montgomery (Angelica): How does this affect his legitimacy as Minister of Public Security?

M. Deltell: Well, in our State, we have... we shall respect the difference between each power. And, in this case, he interfered directly in the process of the Sûreté du Québec. And, when we're talking about weapon, we're not talking about anything, you know, it's something very special.

Mme Montgomery (Angelica): And should he resign?

M. Deltell: Well, I think the decision is to Premier Charest. But, when we remember, 23 years ago, Premier Charest resigned because he made just a phone call to a judge. In that case, the Cabinet is directly, at the direct intervention in the Sûreté du Québec, which is not good.

Mme Montgomery (Angelica): Does this affect his legitimacy as Leader of the Government of the National Assembly?

M. Deltell: Well, I always thought that he was not the right guy at the right place. I think that Mr. Charest, maybe, one day, will recognize the fact that Jacques Dupuis disserves him more than he can contribute to his success.

Mme Montgomery (Angelica): What do you mean?

M. Deltell: I mean that Jacques Dupuis is not at the right place as a leader in the Government, you know. He's always in a confrontation style. We can see that every day at the period of questions. I listen to my constituents, in the week-end, talking a lot about this guy always in confrontation with the Opposition. That's not a good attitude to have in the House. We have to remember Jean-Marc Fournier, who was more on the dialogue aspect on the... He was more conciliated with the Opposition. But Mr. Dupuis, in his own style, is always arrogant with the Opposition, so I think he is not good as a leader. But that's the decision of Premier Charest.

Mme Montgomery (Angelica): Now, when it comes to... and you're probably aware of the story of festivals and the heads of festivals giving donations to the Liberal Party. What do you make of that?

M. Deltell: Well, I think it's another... another situation where the bagmen of the Liberal Party have an obligation to... in their... You know, they have a lot of influence in the business of the Government, and we condemn that. In that case, what we see, is that a «retour d'ascenseur»... I don't know. How do you say that in English? Kickback or...

Mme Montgomery (Angelica): Yes, kickback.

M. Deltell: Kickback. O.K. I was not sure of that. O.K. So what we see now is a guy saying: O.K. I receive a hand from my MNA, tough, so I will give a kickback to the Liberal Party, which is all wrong, because the MNA gave the money from the people, not from the Liberal Party. It was not the Liberal Party who helped this guy, it was the constituent... the MNA with the money of the people, not the Liberal Party money. So this is why he had to give a kickback to someone, it's to the Government not to the Liberal Party. But that's another demonstration that there is an emergency here to have a public inquiry about the influence of the Liberal Party fund-raiser in the administration of this Government.
Thank you. Merci beaucoup.

(Fin à 10 h 47)

samedi 24 avril 2010

3423

POINT DE PRESSE DE M. GÉRARD DELTELL, CHEF DU DEUXIÈME GROUPE D'OPPOSITION.

Le mercredi 14 avril 2010, 16 h 15
http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-4969.html

Salle Bernard-Lalonde (1.131), Hôtel du Parlement
(Seize heures seize minutes)

M. Deltell: Merci bien, messieurs dames. Alors, on va réagir tout de suite à la nomination de Me Bastarache à cette commission d'enquête. Tout d'abord, on doit dire que nous avons pleine confiance en Me Bastarache, un homme de très grande compétence, de très grande qualité, qui assure une autorité morale très forte dans l'exercice de ses fonctions. Un ancien juge de la Cour suprême commande tout notre respect. Par contre, on constate malheureusement que le mandat est beaucoup trop étroit. Les Québécois ont soif de vérité, les Québécois ont soif de pureté et de clarté dans la situation, et malheureusement le mandat qui a été confié par le gouvernement à Me Bastarache est beaucoup trop étroit. Et ça s'explique, malheureusement, parce que le gouvernement libéral est en conflit d'intérêts puisqu'il est littéralement juge et partie dans la rédaction de ce mandat-là, puisqu'il est lui-même impliqué là-dedans. Et encore une fois, ce que l'on a vu tout à l'heure, eh bien, ce n'est pas le premier ministre, mais c'est le chef du Parti libéral qui a institué cette commission d'enquête, et ça, c'est décevant pour les Québécois.

Donc, nous estimons que, dans l'intérêt du Québec, Me Bastarache a l'obligation morale d'élargir au maximum son champ d'action concernant l'influence qu'ont les collecteurs de fonds du Parti libéral dans l'exercice du pouvoir au Québec. Il y a un appétit pour la vérité, les Québécois méritent que la lumière soit faite.

Et, en terminant, je vous dirais que nous avons trouvé curieux que ce soit le ministre de la Sécurité publique, fort probablement un des ministres les plus partisans du gouvernement, que ce soit lui qui contacte Me Bastarache. Comment ça se fait, puisqu'il est question de justice, que ce ne soit pas la ministre de la Justice qui n'a pas pris le téléphone pour appeler Me Bastarache? Vous avez constaté comme moi qu'aujourd'hui, lorsque les questions étaient posées directement à la ministre de la Justice, elle n'a pas répondu, c'est le leader du gouvernement qui a agi, un des personnages les plus partisans qui soient dans notre Assemblée, et ça, c'est décevant.

M. Chartrand (Yves): Est-ce que vous croyez que M. Bastarache peut être manipulé? Parce que vous dites que vous avez pleine confiance, mais M. Bastarache a quand même apprécié le mandat qu'on lui a confié. À ce moment-là, il est à même de voir, lui aussi, jusqu'où il peut aller. Et il l'accepte, donc vous croyez qu'il accepte de jouer ce jeu-là?

M. Deltell: Moi, tout ce qu'on souhaite, c'est que Me Bastarache, qui est un homme intègre, qui est un homme honorable, qui a tout notre respect et toute... sa compétence ne fait aucun doute, on souhaite que justement il puisse ouvrir son champ d'action et son champ d'intérêt sur la question de l'influence. Nous estimons que, dans l'intérêt supérieur des Québécois, dans l'intérêt supérieur du Québec, Me Bastarache a l'obligation morale d'élargir son champ d'action, qui doit comporter toute l'influence que peuvent avoir les collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec dans l'exercice du pouvoir. On constate que, depuis un an, des dizaines de cas ont été signalés concernant l'influence des collecteurs de fonds du Parti libéral dans l'industrie de la construction, dans les garderies. Et là il y a un cas qui est soulevé concernant la justice, et bang! tout de suite on a une commission d'enquête.

Pourquoi le gouvernement refuse de faire la lumière sur toutes les autres choses? Nous souhaitons que cette occasion-là soit saisie par Me Bastarache pour faire la lumière. Les Québécois ont soif de vérité, ont soif de clarté, et on espère que cette commission d'enquête puisse permettre justement aux Québécois d'avoir la réponse à leurs questions.

M. Chartrand (Yves): Est-ce que vous croyez que... vous dites que vous souhaitez qu'il élargisse son mandat, mais est-ce que vous croyez qu'effectivement c'est possible, maintenant que c'est déterminé?

M. Deltell: On verra par l'exercice. Moi, je vous rappelle, historiquement, que, dans les années soixante-dix, lorsque les commissions d'enquête ont été établies, il y avait un mandat qui était donné, et puis finalement, en tirant sur le fil, on est tombé sur d'autre chose. Alors, c'est arrivé dans les années soixante-dix, on verra si ça peut arriver. Mais, nous, ce qu'on souhaite, c'est que, pour les Québécois et pour le Québec, pour l'intégrité même du Québec... je vous parlais que la réputation du Québec était en jeu, hier, je maintiens. Pour la réputation du Québec, on estime que le mandat... que Me Bastarache a l'obligation morale d'élargir son champ d'action pour que justement les Québécois reprennent confiance en leur institution, confiance qui a été sévèrement ébranlée par l'administration libérale depuis sept ans.

M. Chartrand (Yves): Est-ce que vous croyez que M. Charest devrait attendre pour déposer une poursuite contre M. Bellemare, pour ne pas l'intimider dans un... bon, dans un moment où est-ce qu'il va avoir à témoigner publiquement, peut-être avec l'immunité ou non? Et là, en plus, M. Charest dit qu'il va lui mettre une poursuite, probablement assez salée, sur le dos. Est-ce que vous croyez que ces deux affaires-là... ces deux affaires-là s'accordent, alors que le premier ministre, lui, dit que c'est deux choses complètement différentes?

M. Deltell: À sa face même, la situation actuelle est un perpétuel conflit d'intérêts pour le gouvernement. Parce que c'est lui qui est impliqué dans cette situation-là, c'est lui qui est impliqué, qui est visé par toutes les allégations soit de Me Bellemare ou de tous les gens qui témoignent dans les histoires concernant la construction. Le Parti libéral est actuellement sous l'oeil critique de tout le monde, et c'est mérité, parce qu'il y a des questions qui se posent, et les gens veulent avoir des réponses. Donc, le simple fait qu'il institue une commission d'enquête et que ce soit lui-même, le gouvernement, qui ait rédigé ça, ça constitue en soi un problème. Maintenant, c'est pour ça que, nous, on souhaite que Me Bastarache saisisse cette occasion-là pour aller plus loin.

Maintenant, M. Charest fera bien ce qu'il voudra avec Me Bellemare, mais, moi, je répète ce que je lui ai dit hier, ça n'a pas de bon sens de voir qu'un premier ministre poursuive un de ses anciens ministres de la Justice. Je m'excuse, là, je n'ai jamais vu ça ailleurs.

M. Robitaille (Antoine): Est-ce qu'on ne peut pas avoir un processus de nomination des juges avec une révision parlementaire? Vous qui aimez les commissions parlementaires, vous en réclamez une, est-ce qu'on ne devrait pas réviser les nominations devant un comité parlementaire?

M. Deltell: Nous, ce qu'on sait, c'est qu'actuellement le système de nomination des juges fonctionne, et fonctionne bien. On n'a pas entendu des gens décrier ce système, de la façon dont ça procède. Ça fait déjà plus de 30 ans que ça a été institué comme tel, et, s'il y avait eu des problèmes auparavant, ça aurait été décelé. Dans le processus même, il n'y a pas de problème. Là où il y a un problème, c'est quoi? C'est lorsque des «bagmen», excusez-moi l'expression, mais des collecteurs de fonds du Parti libéral, du gouvernement influencent directement le choix des juges. Et ça, ce n'est pas écrit dans le processus. C'est, selon Me Bellemare, les libéraux qui ont implanté ça depuis 2003. Alors, nous, ce qu'on dit, c'est que, pour purifier l'air de ça, ça prendrait une commission d'enquête globale sur la situation, et ça ne touche en rien le processus judiciaire des juges, qui est connu et reconnu et bien établi et que nous respectons beaucoup.

Une voix: Merci.

(Fin à 16 h 22)

vendredi 16 avril 2010

3324. DES NUAGES S'ACCUMULENT SUR MONSIEUR JOHN JAMES CHAREST

POINT DE PRESSE DE M. GÉRARD DELTELL, CHEF DU DEUXIÈME GROUPE D'OPPOSITION

Le mardi 13 avril 2010, 10 h 30
http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-4923.html

Salle Bernard-Lalonde (1.131), Hôtel du Parlement

(Dix heures trente-cinq minutes)

M. Deltell: Alors, mes chers amis, bonjour. Écoutez, l'État québécois vit une crise de confiance très grave. Nos institutions les plus précieuses et aussi les plus fragiles sont ébranlées, quand on pense à l'institution du premier ministre et également à l'institution des juges. Les propos de Marc Bellemare, tenus hier sur les zones de Radio-Canada et de TVA, sont terriblement inquiétants, alors qu'on parle de trafic d'influence, de nominations partisanes des juges et de financement illicite.

Et la réaction du premier ministre, celle qu'il nous a fait part hier, n'est pas digne de la hauteur de sa fonction. Qu'un premier ministre menace de poursuivre un ministre de la Justice, c'est du jamais-vu. Qu'un premier ministre menace de poursuivre un ancien ministre de la Justice pour des propos qu'il tient, ça n'a pas de bon de sens. Et ça, dans l'histoire, je ne me souviens pas d'une situation semblable.

En fait, c'est la réputation du Québec qui est en jeu actuellement, et on ne peut pas laisser passer ça. La seule façon directe, claire de faire la lumière là-dessus est la tenue d'une commission parlementaire, tel que nous, à l'ADQ, nous l'avons proposé il y a trois semaines. On se souvient que, lorsque l'ADQ l'avait proposé, il y a trois semaines, il y avait certains ministres libéraux qui n'avaient pas fermé la porte. On pense à M. Lessard, entre autres, on pense à M. Corbeil. Mais ça, c'était avant que Jacques Dupuis, le ministre responsable des institutions parlementaires au gouvernement, dise: Taisez-vous, on ne le fera pas. Mais ça, c'est désolant, parce qu'une commission parlementaire est la seule et unique façon où on va pouvoir aller au fond des choses, où Marc Bellemare pourra décrire précisément quelles sont les accusations qu'il porte, de quoi il a été témoin et quels sont les faits qu'il doit révéler. Et aussi, la commission parlementaire permettra, s'il le désire, à Jean Charest de contre-interroger Marc Bellemare.

En fait, il n'y a pas une institution, il n'y a pas un forum, il n'y a pas un cadre qui permettrait autant de... d'échanges directs pour aller au fond des choses. Mais c'est pour ça que, nous, il y a trois semaines, on l'avait proposé. Nous, l'ADQ, nous avons été les premiers à le proposer, et c'est pour ça qu'aujourd'hui encore on le propose. On tend la main au gouvernement. S'il veut vraiment aller au fond des choses, il faut qu'il tienne une commission parlementaire.

D'ailleurs, à cet effet, nous allons déposer cet après-midi une motion à l'Assemblée nationale qui se lira comme suit: Que l'Assemblée nationale entende en commission parlementaire Me Marc Bellemare le plus rapidement possible concernant le financement politique et les différentes allégations de trafic d'influence, tout en lui procurant l'immunité parlementaire.

En fait, il faut comprendre dans tout ça que le premier ministre est le gardien de nos institutions. Et c'est pour ça, j'invite Jean Charest à aller au-delà des instincts partisans et à mettre l'intérêt supérieur de la nation devant les intérêts du Parti libéral. La seule façon d'aller au fond des choses, la seule façon d'éclairer la situation, c'est une commission parlementaire. La réputation du Québec en dépend.

M. Chartrand (Yves): Vous, M. Deltell, vous le croyez, M. Bellemare, là?

M. Deltell: J'entends ce qu'il dit, et je sais que M. Bellemare a été ministre de la Justice. Il a été un des ministres les plus importants de ce cabinet-là, occupant un des postes les plus prestigieux qui soit, soit ministre de la Justice. Et voilà qu'aujourd'hui il y va de certaines déclarations qui méritent d'aller au fond des choses. C'est sa prétention et, de l'autre côté, il y en a un qui veut le museler, et, moi, je dis que faut aller au fond des choses parce que c'est la réputation du Québec qui est en jeu.

M. Chartrand (Yves): Vous n'avez pas l'impression que... qu'il beurre épais, non?

M. Deltell: Bien, écoutez. Je vous rappelle que, lorsque, il y a trois semaines, les premiers événements sont survenus, les premières déclarations... Quelle a été la réaction du gouvernement? Le gouvernement a dit, par l'entremise de Jacques Dupuis en Chambre, il a dit: Bien là, là, que Marc Bellemare aille dire des choses aux journalistes, là, puis qu'on arrête les niaiseries. Bien, c'est exactement ce qu'il a fait.

Mme Thibeault (Josée): Qu'est-ce qui se passe, vous pensez, avec l'administration de la justice? Avez-vous l'impression qu'elle est si mal gérée que cela? On n'a pas entendu de gens se plaindre que les juges avaient peut-être mal agi, quelle que soit la manière dont ils ont été choisis.

M. Deltell: Mais c'est ça justement, le problème, Mme Thibeault, puis vous soulevez la question à juste titre. C'est que c'est la confiance du public qui est ébranlée. Marc Bellemare affirme que, sous son administration, il y a eu des pressions exercées par des partisans, par des «bagmen» du parti pour lui dire: Il faudrait que tu choisisses telle ou telle personne. C'est la prétention du ministre de la Justice. À titre de ministre de la Justice, pendant qu'il opérait, M. Bellemare a procédé à sept nominations de juges. Est-ce que c'est gens-là actuellement sont ébranlés? Moi, je crois que oui. Et c'est parce que c'est une question de confiance. On ne peut pas laisser la confiance du public être ébranlée, pour nos institutions, aussi fragile que ce qu'est le système judiciaire. Marc Bellemare, par ses propos, met en... la crédibilité, le doute concernant l'institution du premier ministre, également l'institution des juges. C'est extrêmement grave. On parle de l'exécutif, on parle du législatif et on parle du judiciaire. Il faut aller au fond des choses.

M. Boivin (Mathieu): C'est la parole des uns contre la parole des autres, M. Deltell. C'est difficile à prouver, ces choses-là, si elles ont eu lieu, si elles n'ont pas eu lieu, c'est: Moi, je dis que oui, moi, je dis que non, puis... fait un bain de boue finalement, là.

M. Deltell: Mais c'est pour ça qu'il faut aller au fond des choses. Parce que voilà un type qui a eu un poste extrêmement important, extrêmement prestigieux. On ne parle pas d'un humble militant, on ne parle pas d'un quidam, on parle du ministre de la Justice, du Procureur général, gardien des sceaux de la province, et qui est là... de l'État québécois, et qui est là et qui affirme avoir été victime de trafic d'influence. Ce n'est pas rien, là, on ne peut pas fermer les yeux là-dessus, on ne peut pas étouffer... étouffer les choses.

M. Boivin (Mathieu): ...en commission parlementaire, d'autres gens vont venir dire: Non, ce n'est pas vrai, il n'y a pas de preuve, puis ça va s'arrêter là.

M. Deltell: On verra quels sont les arguments de l'un et de l'autre, quelles sont les preuves amenées par l'un et par l'autre. On verra de quoi il en retourne. Mais, pour ça, justement, pour éviter ces questions-là, pour éviter le flou qui existe actuellement, il faut absolument procéder à une mise au clair de ça, et la seule façon pour nous, la façon la plus efficace, la plus directe, la plus constructive, la plus pertinente, c'est une commission parlementaire, comme, nous, à l'ADQ, l'avons suggéré, avons proposé il y a trois semaines.

M. Chartrand (Yves): ...plusieurs personnes, ça commence à circuler beaucoup, là, les gens qui disent que, pour régler le problème, il faut faire un appel au peuple pour régler la crise de confiance dont vous avez parlé au début. Croyez-vous qu'effectivement on est rendu à ce point où le gouvernement ne peut plus gouverner, n'a plus la légitimité pour gouverner?

M. Deltell: C'est clair que, quand on voit 50 000 personnes qui marchent dans la rue parce qu'ils sont outrés du budget, c'est un signal clair qui est envoyé au gouvernement. Et, quand on voit... on entend les réactions de mollusque du gouvernement par rapport à ça, on dit: Ah! oui, c'est beau... on entend: On va agir autrement, mais n'ayez pas peur, on va continuer à aller vous chercher 200 piastres dans vos poches, c'est là qu'on est inquiétant, c'est là que c'est inquiétant. Quand on prend acte du fait qu'un ancien ministre parle de trafic d'influence, puis que tout ce que le premier ministre trouve à dire, c'est de dire: Moi, je vais lui fermer la trappe, ça n'a pas de bon sens. C'est la dignité même de la fonction du premier ministre qui est en jeu. Mais, pour répondre à votre question, on verra.

M. Robillard (Alexandre): Est-ce que la crédibilité des magistrats qui ont été nommés par M. Bellemare est entachée par ces déclarations, selon vous?

M. Deltell: Le problème, c'est ça, tout est une question de confiance, tout est une question de respect et tout est une question de crédibilité, et actuellement vous avez un ministre de la Justice qui dit avoir procédé à des nominations sous pressions politiques et sous pressions financières des «bagmen» de son parti. Ça n'a pas de bon sens. Coudon, on vit au Québec, là! Je m'excuse, là, mais je suis Québécois, moi, là. J'ai bien beau faire de la politique mais je suis Québécois d'abord et avant tout, et j'aime le Québec. Puis, quand je vois ça actuellement, là, ça ébranle l'amour que j'ai pour le Québec puis ça ébranle le fait que je suis fier d'être Québécois, parce que mes institutions, le premier ministre... et l'institution des juges est attaquée, il faut faire la lumière là-dessus.

Journaliste: Vous savez, c'est qui, les magistrats, vous, qui ont été nommés? Vous dites qu'il y en a sept.

M. Deltell: On a les... pas sous les yeux. Mais, écoutez, c'est tout à fait technique, cette question-là, dans le sens où il a été ministre de la Justice pendant un an, il a procédé à sept nominations.

M. Chartrand (Yves): Vous dites, si je comprends bien, c'est que vous avez honte d'être Québécois présentement?

M. Deltell: Non, mais c'est parce que ma confiance est ébranlée, ma fierté d'être Québécois est ébranlée actuellement quand je vois ça.

M. Chartrand (Yves): Bien, on a honte, là...

M. Deltell: Elle est ébranlée. Ce que je veux vous dire par là, c'est qu'elle est ébranlée. Puis, je m'excuse, mais je n'ai vu personne, moi, qui était fier de ce qui s'est passé. Moi, je ne vois personne actuellement qui est fier d'être Québécois, quand on voit ça actuellement. Puis je vous le dis comme je le pense puis je vous le dis comme je le ressens, Quand je vois mon premier ministre qui menace de poursuivre l'ancien ministre de la Justice qui a procédé à une nomination et qui, lui, affirme avoir agi sous trafic d'influence, je m'excuse, mais ma fierté est ébranlée. Et je ne vois pas comment on peut rester insensible à ça. Tous les Québécois à qui on parle aujourd'hui sont ébranlés par les révélations qui ont été faites hier sur les zones de Radio-Canada puis de TVA.

M. Dutrisac (Robert): M. Deltell, il a été dit que l'ADQ a cherché à approcher M. Bellemare pour qu'il devienne candidat pour le parti, est-ce que vous considérez que M. Bellemare serait un très bon candidat pour l'ADQ?

M. Deltell: On n'est vraiment pas rendus là, mais alors là, vraiment pas. Et je peux vous dire une chose, il y a bien des choses...

M. Dutrisac (Robert): Est-ce que vous avez confiance en M. Bellemare?

M. Deltell: ...il y a bien des choses à faire actuellement, et particulièrement à éclairer la lumière des Québécois là-dessus.

M. Robillard (Alexandre): Qu'est-ce qu'on doit faire avec les juges qu'il a nommés? C'est quoi qui doit arriver avec ça?

M. Deltell: Bien, moi, je pense qu'il faut que M. Bellemare donne encore plus de précisions là-dessus, qu'est-ce qui s'est passé directement, et ça, c'est uniquement par l'entremise d'une commission parlementaire que ça peut être fait. Et je reviens là-dessus parce que c'est un outil qui existe.

M. Robillard (Alexandre): Et, selon vous, il peuvent rester en fonction?

M. Deltell: Oui. Je ne vois pas pourquoi ils ne pourraient pas rester en fonction. Mais il faut faire la lumière là-dessus. La question est de savoir comment ça s'est passé, la question est de savoir pourquoi ça s'est passé, qui a directement influencé, quand, qui et comment, et à quel moment ça s'est passé, à quel endroit, qui était témoin de ça. Et c'est pour ça...

M. Deschênes (Alexis): ...

M. Deltell: Et c'est pour ça que... Pardon?

M. Deschênes (Alexis): Est-ce que les juges ont l'autorité morale pour continuer?

M. Deltell: Ils l'ont depuis déjà sept ans, mais il est clair...

M. Deschênes (Alexis): ...

M. Deltell: ...il est clair qu'actuellement la confiance est ébranlée, la confiance est ébranlée, c'est pour ça qu'il faut agir le plus rapidement possible là-dedans, parce que c'est l'ensemble... c'est l'ensemble du monde judiciaire, c'est l'ensemble, aussi, du monde politique qui est ébranlé. Je veux dire, quand on voit que le premier ministre, selon les témoignages de M. Bellemare, lui a dit: C'est de même que ça marche, puis il faut continuer à le faire. C'est inquiétant, et là c'est la classe politique...

M. Robillard (Alexandre): M. Deltell, ces juges-là, ils continuent à rendre des décisions au jour le jour? Vous dites vous-même, leur réputation est entachée par ce que M. Bellemare dit. Comment... Comment pouvez-vous dire qu'ils peuvent rester en fonction, dans ce cas-là?

M. Deltell: C'est pour ça qu'il faut aller au fond des choses le plus rapidement possible. Et, nous, on estime que la seule façon d'aller au fond des choses, c'est la commission parlementaire, qui permettra de faire la lumière là-dessus. Regardez, là, depuis, quoi, depuis trois semaines, lorsque M. Bellemare a fait ses premières déclarations, ça a saisi tout le monde, puis le ministre a dit: Bien, s'il n'est pas content, qu'il aille parler aux journalistes, puis après ça, ça va arrêter les niaiseries. Bien, le résultat, c'est là... c'est ça qu'il a fait. Puis, quelle est la réaction du gouvernement? Hop! vite, on essaie de le faire taire.

Nous, ce qu'on dit, pour l'honneur du Québec, pour la réputation du Québec... parce que, là, c'est une question de réputation, là; on n'est pas bien, bien fiers de ce qui se passe actuellement. Il n'y a personne qui peut être fier de ce qui se passe actuellement. Il faut absolument faire la lumière, et le seul outil, plus rapide, le plus efficace, le plus pertinent, le plus percutant, c'est la tenue d'une commission parlementaire, où justement Marc Bellemare pourra étayer tous ses éléments, et, s'il le désire, le premier ministre lui-même pourra contre-interroger Me Bellemare et amener lui-même aussi ses éléments de preuve. D'ici là, on va continuer à nager dans le nuage.

M. Chartrand (Yves): Quelle est l'influence que ces événements-là, qui s'empilent, on s'entend, quelle est la conséquence pour le budget du gouvernement? Est-ce que vous croyez que ça vient encore... ça vient encore, encore plus décrédibiliser le budget?

M. Deltell: Bien, le budget, c'est peut-être un élément parmi tant d'autres par rapport à ce gouvernement-là. Rappelons-nous que ce gouvernement-là s'est fait élire en disant: Je veux avoir les deux mains sur le volant, puis, avec le budget, il a les deux mains dans les poches. Rappelons-nous que, lors de la campagne électorale, l'ADQ avait été le seul parti à dire que la Caisse de dépôt se dirigeait dans le mur avec des pertes de 30 milliards de dollars et que le gouvernement disait: Nous salissons... que l'ADQ salit la réputation du Québec. Qui salissait la réputation du Québec à ce moment-là? Celui qui donnait l'heure juste aux Québécois ou celui qui ne voulait pas donner l'heure juste aux Québécois? Et qui actuellement entache la réputation du Québec en voulant faire taire un ancien ministre de la Justice? Non, désolé, Québec mérite mieux que ça.

M. Grant (John): Just a technical question, first. As I understand what I have seen on TV, especially on TVA, the people that were suggested to Mr. Bellemare he says, to be named had already been accepted as qualified for the bench by an independent committee, right? So, there is no question about their ability to continue as juges because of that.

M. Deltell: Sure. But the point is that Mr. Bellemare said he had influence from bagmen people from the Liberal Party saying: Well, you shall name this one or this one or this one. So, this is a direct influence of a third party on the principle of the legitimity of the justice here, in this province.

M. Grant (John): What's worse? That that happened or that the Premier, according to Mr. Bellemare, approves.

M. Deltell: Well, we have to clear the air. What is worse is that we're in a dark situation right now, and we shall clear the air, and the best way to clear the air, the best way to be sure that we still have confidence in our institutions is to call a parliamentary commission. And I hope that this time he Liberal MNAs will answer by themselves and not by the rule instituted by the parliamentary Leader, Jacques Dupuis.

Remember, three weeks ago, two Cabinet Ministers said: Well, it could be interesting to see him in this area, and a few minutes later Jacques Dupuis said: No, this is not the way we shall do that.
So, we missed a good opportunity to clear the air three weeks ago, on our personal invitation, because we were the first to... to raise this question and to have this initiative. But now there is a second chance for the Liberal MNA to clear the air, and I hope that they will take this opportunity for the best of the province.

M. Grant (John): The Premier said that Bellemare is a liar and that he's going to sue him if he doesn't retract. What's your reaction to that?

M. Deltell: Well, it's a shame, because I don't think that the Premier should close the mouth of one of his former Cabinet Minister.

And let me tell you the truth: He's not a humble guy, he's not a party worker, you know, who raised posters during a political campaign, he was a Cabinet Minister, Justice Minister, one of the most prestigious office in this Government. He had all the confidence of the Premier at that time. But now, what we are seeing, what we are looking is that the Premier is saying to him: Well, shut your mouth. I cannot believe that, you know. I'm a Québécois and I'm proud to be Québécois, but when I see my Premier acting like that, well, it's a shame, I don't like it. Behind politics, you know, I don't like it.

And the... the prestige of Québec... I mean, the reputation - this is the... word I want to... I wanted to say - the reputation of Québec is in jeopardy right now. We shall act as soon as possible to clear the air.

M. Duboyce (Tim): What went through your mind when you saw the reports last night on television?

M. Deltell: Well, I think it's a real sad situation. I wouldn't say «ugly one», because I'm not quite able in English, you know, I'm not bilingual, but it's a real sad situation for Québec. And I... we do not deserve that. We have to clear the air as soon as possible. It's our reputation that is in jeopardy right now, and I think the best way to clear the air is a parliamentary commission, where Premier Charest will have the opportunity to ask questions to Marc Bellemare. This is the only forum, as far as I know, where we could have a clear debate between those two people.

Someone saying black, someone saying white? O.K. Great, go ahead and prove yourselves.
That's exactly what the people want. The people want to clear the air. The people want to... well, we want the truth, so, the best opportunity, the best way to do that is by a parliamentary commission.

M. Duboyce (Tim): And what do you think of the consequences for Québec if that doesn't happen, that doesn't take place?

M. Deltell: That's the worst one, because we will always have that cloud, you know, over the province about the fact that: «Well, how those people, all the judges are named? Are they named by political pressure or they are named because they are good?» We shall clear the air as soon as possible by a parliamentary commission. That's the best way.

M. Dougherty (Kevin): Mme Normandeau cast out on the credibility of Mr. Bellemare as what his agenda is. What do you think of his credibility?

M. Deltell: Well, what I know is that he has been a Cabinet Minister, he has been Justice Minister, one of the most prestigious one in our political system, and he has some important things to say. He said, I mean, very important things and very disgusting ones, for what he has seen, so we shall clear the air. If we don't clear the air, we'll always have that kind of cloud over our reputation. And it's a sad situation for the Province of Québec. I repeat to you, the reputation of the Province of Québec is in jeopardy right now. We shall act as soon as possible.

M. Grant (John): ...demands for both a public inquiry into the construction industry and now your demand and other people's demand to see Marc Bellemare in front of a parliamentary committee. If you were Jean Charest, which would you choose?

M. Deltell: Well I think, first of all... I think, first of all, the best way is to call a parliamentary commission. And this is what we are doing with this motion this afternoon, after the question period, we will raise the motion and we hope, at this time, that the MNA's will answer by themselves and not by the book written by Jacques Dupuis. So, I think the best way for that is to call a parliamentary commission. It's beyond the fact of Jean Charest, it's... the Premier's Office is now on the table. If he wants to protect the Premier's Office, he has to be... he has to assume his duty and he has to call a parliamentary commission. It's more than a political debate. Gentlemen, messieurs dames, merci beaucoup.

(Fin à 10 h 53)

[C'est pas fini puisqu'on recommence l'après-midi.]

POINT DE PRESSE DE M. GÉRARD DELTELL, CHEF DU DEUXIÈME GROUPE D'OPPOSITION

Le mardi 13 avril 2010, 13 h 15
http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-4929.html

Salle Bernard-Lalonde (1.131), Hôtel du Parlement

(Treize heures dix-sept minutes)

M. Deltell: Alors, bonjour, mesdames messieurs. Écoutez, il est extrêmement désolant de prendre acte et de constater que le premier ministre fait preuve d'un aveuglement sélectif lorsqu'il est question d'éthique, de confiance et de crédibilité pour le Québec.

Depuis un an, vous savez que, nous, à l'ADQ, on a été les premiers à réclamer la tenue d'une enquête publique sur la construction. On a été les premiers il y a un an; aujourd'hui, c'est pour ainsi dire tout le Québec qui est avec nous. Et il y a plein de preuves qui se sont accumulées, il y a plein de témoignages qui se sont accumulés, plein de situations compromettantes qui ont miné la crédibilité et l'éthique du gouvernement dans cette situation-là. La confiance des Québécois est ébranlée, mais, sur la question de l'enquête sur la construction, le gouvernement préfère fermer les yeux.

Mais voilà qu'il institue une commission d'enquête sur la nomination des juges. Tout d'abord, il va falloir connaître le mandat précis, et, à notre point de vue, la question de la nomination des juges, c'est la cause qui est le problème, et c'est-à-dire le financement et l'influence que peuvent avoir les financiers du Parti libéral dans la nomination des juges. C'est ça, le point qui est mis en question, qui est mis en relief par M. Bellemare. Il dit lui-même avoir été victime d'influence indue de la part des financiers du Parti libéral. Donc, c'est cette question-là qui devra impérativement être étudiée par cette commission, parce qu'essentiellement c'est ce dont il est question aussi quand il est question de la construction. La construction, c'est l'influence que peuvent avoir les «bagmen» du Parti libéral, les financiers du Parti libéral sur l'octroi de contrats, c'est ce dont il est question. Même chose concernant les garderies, et là concernant la nomination des juges. Donc, essentiellement, le mandat de la commission d'enquête doit porter sur l'influence que peuvent avoir les financiers du Parti libéral dans l'exercice exécutif, législatif et judiciaire au Québec.

Nous maintenons évidemment notre demande de commission parlementaire pour que Marc Bellemare puisse s'expliquer. Comme parlementaires, nous avons des devoirs, nous avons des responsabilités, et nous les assumons pleinement. Nous estimons encore et toujours que c'est un des meilleurs forums pour permettre justement à Marc Bellemare de faire la lumière sur tous ses propos, et également au premier ministre - tout premier ministre qu'il soit, il est toujours député de Sherbrooke, donc il peut être amené en commission parlementaire - et lui, justement, aura l'occasion de pouvoir contre-interroger Marc Bellemare.

Donc, nous maintenons ce que nous tenons, nous, à l'ADQ, depuis un an, c'est-à-dire la tenue d'une enquête publique dans le domaine de la construction, nous maintenons notre demande concernant une commission parlementaire pour entendre Marc Bellemare. Et, concernant la commission d'enquête annoncée par le premier ministre ce matin, on va attendre quel sera le mandat précis, mais nous estimons qu'il y a un seul mandat qui doit être donné pour cette commission-là précisément, c'est l'influence du financement du Parti libéral dans les décisions du gouvernement.

M. Deschênes (Alexis): Sinon, M. Deltell, que va valoir cette commission d'enquête, si ce n'est pas ça?

M. Deltell: C'est parce qu'on n'attaque pas le noeud du problème. La cause du problème, c'est quoi? C'est le financement du Parti libéral et l'influence que les financiers du Parti libéral peuvent avoir sur la nomination des juges. C'est ce dont il est question. Il n'est pas question de savoir: Est-ce que nos juges, actuellement... de la façon dont c'est fait, c'est-à-dire qu'il y a une liste présélectionnée qui est faite par les gens du ministère, par les gens... par les avocats, et tout ça, ce n'est pas ce dont il est question. Ce dont il est question, c'est l'influence qu'ont les financiers du Parti libéral sur la sélection des juges. Donc, le mandat doit porter essentiellement là-dessus. Mais il doit être aussi beaucoup plus large que ça, parce que c'est... quand il est question de la construction, quand il est question des garderies, c'est encore une fois et toujours l'influence que peuvent avoir les financiers du Parti libéral. Les gens doivent être rassurés là-dessus. C'est une question d'éthique. C'est une question de confiance. C'est une question de crédibilité. Et, comme je vous disais ce matin, c'est la réputation du Québec qui est en jeu.

M. Boivin (Mathieu): M. Deltell, la chef du PQ, Mme Marois, laissait entendre qu'une commission d'enquête, quelle qu'elle soit, ne peut pas impliquer quelqu'un nommé par M. Charest, parce qu'il est juge et partie, essentiellement. Et elle dit: M. Gomery, M. Lachance pourraient être des bonnes personnes.

Est-ce que vous faites... est-ce que vous seriez d'accord avec ça? Le réclameriez-vous aussi?

M. Deltell: Ce n'est pas... ce n'est pas inintéressant comme proposition. Je l'ai entendue tout à l'heure, puis je ne trouvais pas ça inintéressant, bien entendu, mais ça, on va voir, on n'est pas rendus là au moment où on se parle. Parce qu'il faut savoir d'abord c'est quoi, le mandat qui va être confié à cette commission-là, et c'est pour ça que je vous dis: À partir du mandat, là on peut identifier des personnes de valeur. Les noms que Mme Marois mentionnait tout à l'heure sont fort intéressants en effet; ça va mériter analyse, mais je ne peux dire que je ferme la porte à ça.

M. Boivin (Mathieu): Merci beaucoup.

M. Deschênes (Alexis): Allez-vous participer, M. Deltell?

M. Deltell: Pardon?

M. Deschênes (Alexis): ...à cette commission d'enquête, si l'ADQ peut le faire?

M. Deltell: Oui, mais je vous dirais, bien honnêtement, je ne sais pas, chez nous, quelque influence qu'on peut avoir concernant le financement du Parti libéral. Ça me surprendrait beaucoup. Par contre, j'ose espérer que le premier ministre du Québec va participer, lui, à cette commission d'enquête là, parce que c'est lui qui est ciblé au premier chef, sans jeu de mots, bien sûr, c'est lui qui est vraiment impliqué là-dedans, puisqu'on parle du pouvoir exécutif qui est mis en cause par les propos de M. Bellemare, parce qu'on parle de l'influence des financiers du Parti libéral, et M. Charest en est le chef. Alors, il va falloir qu'il réponde à ces questions-là, et j'ose espérer que le premier ministre témoignera lui-même à la commission, mais encore, je vous le dis, dois-je vous le rappeler, il faut absolument que cette commission-là porte essentiellement sur le financement et l'influence que peuvent avoir les financiers du Parti libéral dans l'exercice de la triple couronne, comme je le disais tantôt, soit le judiciaire, l'exécutif et le législatif.

M. Boivin (Mathieu): Pour bien comprendre, là, vous demandez une commission parlementaire pour entendre M. Bellemare sous immunité, vous attendez de voir le mandat de la commission d'enquête sur la nomination des juges et vous réclamez une commission... Là, on se retrouve avec trois choix, là.

M. Deltell: On ne peut pas... Oui, mais on ne peut pas se dédire, je veux dire, ça fait un an que, nous, à l'ADQ, on a été les premiers, puis je tiens à vous le rappeler parce qu'on n'en est pas peu fiers, de ça. On a été les premiers, le 7 avril, l'année dernière, par Mme Sylvie Roy, notre chef parlementaire à l'époque et députée de Lotbinière, qui a été la première à réclamer la tenue d'une enquête publique.

Au départ, tout le monde disait: Ah non, ça ne donnera rien, taratata. Aujourd'hui, c'est tout le Québec qui est avec nous, et on en est très fiers. C'est nous, l'ADQ, qui avons été les premiers à réclamer cette enquête publique, et nous maintenons le cap. Tout comme, d'ailleurs, c'est nous, il y a trois semaines, à l'ADQ, qui avons été les premiers à réclamer la tenue d'une commission parlementaire, et qui aujourd'hui fait l'unanimité, si je lis à peu près tout ce qui s'est écrit aujourd'hui concernant ça. Nous sommes très fiers, encore une fois, à l'ADQ, d'avoir été à l'origine de ce mouvement qui vise à tenir une commission parlementaire pour permettre à Marc Bellemare de s'expliquer. Alors, oui, on est très fiers d'être à l'origine de ces deux demandes-là, et on les maintient.

M. Boivin (Mathieu): ...trop de choses qui roulent en même temps?

M. Deltell: Il n'y en aura jamais de trop. Pour faire la lumière, il n'y en aura jamais de trop.

M. Grant (John): In your opinion, what is wrong with the decision the Premier made today?

M. Deltell: Well, the point is that Premier Charest decided to have a selection situation. He prefers to choose where he wants to have a public inquiry. For a year now, we are the first, the ADQ, to ask a public inquiry on the construction area, and we can see that now all the province is behind us, to say the least. So, we consider that when so many people are asking for a public inquiry in the construction, Premier Charest said: No. But when there is only one aspect, about judiciary situation, he said: Yes, O.K., we can go there. So, I think it's a selective blindness from the Premier.

M. Grant (John): But what is he leaving out?

M. Deltell: Well, there is so many things that we have to go deep into this situation, but mostly what is the common link between all those aspects is the influence of the bagmen of the Liberal Party. Those people who are collecting money for the Liberal Party have, if we see what is happening about all this declaration, is that those people have too much power in the legislative, executive and judiciary power. So, it's not the place, in this area, to have bagmen to decide what to do.

M. Grant (John): Once they've set up an inquiry, in ..., you know, whatever, let's say the naming of the judges, is it necessary, in your opinion, that Bellemare have immunity in order to testify to that, because it seems not to be something that the Government is incline to allow...

M. Deltell: Well, we shall see what we has to say, but I refer to what he said three months, three years... three weeks ago. He said that he needs that kind of protection to tell what he has to say. So, this is why I... This is why we proposed the parliamentary commission, that we still ask. Because this offer, this situation and what he is asking for, this is her... his decision, and we support that because we want to go to the roots of the problems. And he asks for that, so I think it's important.

M. Dougherty (Kevin): The Premier said that a parliamentary commission would be partisan. And that's why he wants a public inquiry. Do you buy that?

M. Deltell: Look who's talking about that. I mean, we want to go deeply in the situation, and, as a parliamentarians, we have duty to assume, and we have power that we can use. And you can read my lips: I will use it as far as I am concerned and as long as I will be here, I will use all the power I have and I will assume all the duties I have as a parliamentarian.

And it's sad when I read some declaration about the vice-premier, Mme Normandeau, saying that it's not the job of the parliamentarians to have this kind of investigation. I am sorry, Mme Normandeau, but I will assume my job as good as I can, and you can be sure that I will be there as long as the people of Chauveau will stay me there. I have to assume my job, and I will do it as good as I can.

(Fin à 13 h 26)