samedi 14 décembre 2013
6269. LU
*
Si vous écoutiez les reportages et les entrevues de la
correspondante Alexandra Szacka de Radio Canada, on entend, presque à chaque
fois, qu'elle utilise les termes "force internationale" par-ci et "communauté
internationale" par-là pour désigner les pays qui se préparent des frappes
contre la Syrie.
Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer de manière
qualitative et quantitative sur la signification de la "force
internationale" et de la "communauté internationale" ?
Est-ce
que les deux pays qui se préparent à des frappes contre un autre pays
unilatéralement, et sans mandat des Nation Unis représentent la communauté
internationale et que ces deux même pays font-ils partir de la force internationale
?
Steve Tremblay de Montreal. 30 août 2013 à 12 h 35 HAE
*
[Il n'y a pas de «force internationale» ni de «communauté Internationale». Ceci n'existe pas. Sauf dans l'esprit embrumé des employés des médias qui utilisent sans cesse ces expressions. Mais si on se sert de ces mots, il doit y avoir une raison. Voyons laquelle ? Et si nous ne voyons rien, on observera ce qui se passe lorsqu'on se sert de ces mots. L'événement du jour ou récent. Et qu'observe-t-on? Il y a quelque crime à camoufler. Ou un assassinat en préparation. Un coup tordu. Comme on ne peut le montrer de face, on le déguisera avec de jolies plumes. On remarque aussi autre chose. On ne s'en sert que lorsque les Occidentaux Blancs ont décidés de faire une connerie. Bombarder quelque chose ou quelqu'un. Généralement, un plus faible que soi. Un pays du Tiers-Monde. Un mal blanchi. Tout à fait par hasard, riche en pétrole. Ces Occidentaux Blancs: France, Angleterre, surtout. Vassaux des USA. Sont les anciens colonisateurs et voleurs du Monde. Non qu'il n'y ait eu qu'eux. Les Espagnols ont volé beaucoup. Tués et massacrés énormément, autant que les nazis, mais on n'en parle plus. Il y a longtemps que leur empire a fait faillite. La seule chose qui ressemble à la Communauté Internationale et qui existe réellement est l'ONU qui rassemble à peu près tous les pays du Monde. Quoique leur pouvoir commun soit limité. C'est peut-être le début d'un gouvernement mondial mais on en est loin. Pour le moment, il n'y a que l'empire US qui a remplacé l'empire Britannique ruiné. Il est le pays indispensable. La Communauté Internationale à lui tout seul. Et qui s'est donc pris pour un autre - le gouvernement mondial dont on vient de parler - pendant 20 ans. Soit depuis 1989, chute de l'URSS. Mais voilà, la Russie - nouveau nom ou ancien nom de l'URSS - qui est revenu. Été 2013. Avant, lorsque les USA voulaient «intervenir», les médias sortaient tout de suite la belle expression de «Communauté Internationale». Ce qui faisait mieux que Blanc. Occidentaux. Européens. USA. Les masques variaient. L'idée étant que les USA aident suite à l'imploration des autres. Malgré eux. Le fardeau de l'homme blanc en quelque sorte. Après avoir décidé d'attaquer, les USA agitaient toute une série de leviers bureaucratique pour légitimer leur agression. Ils protégeaient le monde incapable de le faire lui-même. Tout en le pillant. Parmi ces leviers, les USA pouvaient pousser l'ONU a voter ce qu'ils avaient décider. Mais on pouvait tout aussi bien s'en passer. Y aller avec ses alliés personnels: l'OTAN. Et même sans eux. On parlait alors de «coalition». Il y avait donc tout un jeu de vocabulaire. Pour camoufler la réalité. Et dans cet exercice, les médias d'information ou de désinformation participaient avec autant d'entrain qu'un prof d'Histoire du secondaire. ]
6268. VIEILLE NOUVELLE. ON A ÉVITÉ LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE DE NOTRE NOUVEAU SIÈCLE CET ÉTÉ. BIEN ENTENDU, LES MÉDIAS QUI NOUS PRÉPARAIENT SANS CESSE - AVEC DÉLECTATION - À CE CARNAGE N'EN PARLENT PLUS. TOUT A ÉTÉ OUBLIÉ. ON SE FIT SUR LE TEMPS D'ATTENTION TRÈS LIMITÉ DE LA POPULATION GÉNÉRIQUE. MAIS, EN CE MOMENT, ON NOUS PARLE DE LA NEIGE AU LIBAN. ET DES RÉFUGIÉS SYRIENS. OUBLIANT QUE CETTE GUERRE CIVILE A ÉTÉ ENCOURAGÉE, SUBVENTIONNÉES PAR LES OCCIDENTAUX ET LES ARABES. COMME LES COMBATTANTS NE SONT PLUS UTILES, ON N'EN PARLE PLUS BEAUCOUP. QUANT AUX VICTIMES COLLATÉRALES, MORTES OU VIVANTES (MAIS GELÉES), ON LES PLAINT. TOUT EN ÉVITANT D'ATTIRER L'ATTENTION SUR CE QUI A BIEN PU LES ENTRAÎNER DANS CETTE DÉTESTABLE SITUATION.
*
CONFLIT SYRIEN : ONDE DE CHOC AU MOYEN-ORIENT
WASHINGTON PLAIDE POUR UNE ACTION MILITAIRE LIMITÉE EN SYRIE
SYRIE. FRAPPES AMÉRICAINES IMMINENTES
30 août 2013
Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le président américain Barack Obama et son secrétaire d'État
John Kerry
ont plaidé vendredi pour une intervention
militaire ciblée en Syrie pour punir le régime de Bachar Al-Assad d'avoir
utilisé ses armes chimiques à Damas.
John Kerry a qualifié l'attaque chimique du 21 août à Damas
de « crime contre l'humanité »,
après avoir décrit le président syrien Bachar Al-Assad comme
un « voyou » et de « meurtrier ».
[Rappelons que les
anglos/francos s’étaient partagés le Moyen-Orient après la première guerre
mondiale. Ceux qui dirigeaient alors la région – les turcs – ayant fait l’erreur
de s’allier aux perdants. Ce sont aussi les anglos qui, à la fin de la seconde
guerre mondiale, ont cédé la Palestine à qui on sait sans le demander aux
habitants d’où tous les problèmes qui ont suivis. Nettoyage et purification ethnique.
Etc. Les terroristes du moment devenant les politiciens actuels. Et les habitants
déplacés mécontents devenant à leur tour des terroristes. Tout n’est qu’une
question de vocabulaire. ]
M. Kerry a assuré que les tirs ne provenaient que des sites
du gouvernement syrien.
Les responsables du régime de Damas se préparaient en outre
à utiliser des armes chimiques 3 jours avant l'attaque
a soutenu le secrétaire d'État
citant toujours le rapport sur les informations recueillies
par les États-Unis à propos de l'attaque chimique.
[Donc. Ils le savaient. Et les
ont laissé faire ?]
« Il est hautement improbable que
les rebelles aient commis l'attaque du 21 août »
a déclaré John Kerry
précisant que le régime syrien a utilisé à plusieurs reprises
des armes chimiques contre son peuple.
Au terme d'une rencontre avec ses conseillers en matière de
sécurité nationale à la Maison-Blanche, le président a néanmoins déclaré qu'il
n'avait pas encore pris de « décision
finale ».
L'ATTAQUE CHIMIQUE EN SYRIE MENACE
LA SÉCURITÉ NATIONALE AMÉRICAINE
a soutenu M. Obama
[?]
ajoutant que le monde ne pouvait pas
accepter que des femmes et des enfants soient gazés.
[Mais le monde – ou «son» monde
peut accepter que des milliers de civils soient brûlés vifs comme en
Afghanistan, Irak, Libye. Parce que bombardés par les «bons» pour leur bien.
Comme on nous faisait prendre lorsqu’on était enfant une cuillérée d’huile de
foie de morue.]
Un rapport rendu public du renseignement américain avance le
nombre de 1429 morts, dont au moins 426 enfants, lors de l'attaque chimique du
21 août.
[1429]
[426]
[Admirable précision.]
[Dans un pays en pleine guerre
civile !]
Le président américain a estimé en outre que le Conseil de
sécurité des Nations unies a montré son incapacité à agir face à une «
violation claire des règles internationales »
[Quelle règle internationale !? Celles qui pourraient ou auraient pu interdire
les écoles de torture en Amérique du Sud, là où la CIA formait les soldats
chiliens, argentins, etc.]
[Et les lois internationales sont
supposées interdire l’intervention d’un pays dans les affaires d’un autre. On
rappellera que c’est pour ces raisons que des politiciens Allemands ont été
pendus à la suite du procès de Nuremberg après la seconde guerre mondiale.]
Lors d'un point de presse tenu plus tôt à Washington, John
Kerry a assuré que
TOUTE ACTION EN SYRIE serait SOIGNEUSEMENT CALIBRÉE ET LIMITÉE DANS LE TEMPS
[?]
et ne ressemblerait d'aucune façon aux interventions
américaines en Afghanistan, en Irak et en Libye.
[Qu'est-ce qu'on leur reproche à ces «interventions» ? Pourtant, à l'époque, il n'y a pas si longtemps, tout le monde semblait content.]
« Il n'y aura pas de bottes au sol »
a promis M. Kerry.
[Opération zéro mort ! Comme en
Libye. On se contente de bombarder les civils et les militaires du haut des airs.
Dieu reconnaîtra les siens. Et, de toute façon, ces païens et idolâtres n’adorent
pas notre dieu.]
[Comme il est agréable et
jouissif de taper sur quelqu’un qui ne peut se défendre. Comme a fait le Canada
en Libye. Avec salutation aux nobles héros revenant du combat ! Israël est
coutumier de ce genre de carnage. Gaza. Liban. Et, pour des raisons
mystérieuses, même si ce n’est pas l’envie qui manque, on se retient pour l’Iran.]
Le secrétaire d'État américain a assuré que les États-Unis
n'étaient pas seuls dans leur intention d'intervenir et comptent notamment sur
l'appui de la France, de l'Australie et de la Ligue arabe.
LE CANADA N’IRA PAS
[Cette fois, pas du Canada.]
[Notre grand chef et libérateur
de peuple ayant probablement eu une mauvaise sensation en lisant les feuilles
de thé de sa tasse.]
WASHINGTON ET PARIS PRÊTS À AGIR UNILATÉRALEMENT
L’ANGLETERRE A UN MAUVAIS
PRESSENTIMENT ET LE PARLEMENT ANGLO VOTE CONTRE.
Le refus du Parlement britannique
d'intervenir en Syrie, énoncé lors d'un vote tenu jeudi soir
ne semble donc pas avoir fait fléchir Paris et Washington,
qui se disent prêts à mener leur opération militaire contre Damas.
À Londres, le premier ministre David Cameron a déclaré
vendredi regretter la décision de la Chambre des communes, où son parti est
minoritaire, mais s'est dit convaincu que le président Obama et les Américains
sauront comprendre la décision des représentants du peuple britannique.
M. Cameron a ajouté à l'endroit des journalistes qu'il ne voyait par ailleurs pas de raison de formuler des
excuses aux Américains.
[?]
Tandis qu'aux États-Unis, l'administration Obama assure
qu'elle est prête à agir unilatéralement en Syrie s'il le faut
en France, le président François Hollande a réitéré vendredi
sa détermination à lancer des représailles contre le régime Al-Assad, qu'il
accuse de crimes contre l'humanité.
[Le genre de trucs qu'ont fait les français en Algérie !?]
Quant à la responsabilité du président Bachar Al-Assad dans
ces présumées attaques au gaz,
François Hollande a déclaré qu'un « faisceau
d'indices » pointe vers le régime de Damas dans cette affaire.
[faisceau d'indices]
[Donc, aucune preuve ! Sinon, on
les aurait montrées.]
« Le refus de la Grande-Bretagne d'intervenir en Syrie ne
change rien à la position de la France
qui souhaite une action proportionnée et ferme contre Damas. »
François Hollande, président de la France, au quotidien Le Monde
Le chef de l'État français a même évoqué au cours de
l'entrevue au quotidien Le Monde de
possibles frappes aériennes en territoire syrien avant mercredi, date de la
session extraordinaire du Parlement français sur la Syrie.
Après un entretien téléphonique entre les présidents
français et américain, la présidence française a publié une déclaration dans
laquelle MM. Obama et Hollande
ont appelé la communauté
internationale à adresser un « message fort » au régime de Bachar
Al-Assad.
[Comme pour monsieur Khadafi !]
L'OTAN NE PARTICIPERA PAS À UNE OPÉRATION MILITAIRE
Cette utilisation présumée d'armes
chimiques exige une réponse de la communauté internationale
[Qu'est-ce que cette mystérieuse Communauté Internationale dont tout le monde parle ?]
« de sorte que ça ne se reproduise pas »,
mais une intervention directe de l'OTAN est exclue
a déclaré vendredi le secrétaire général de l'OTAN, Anders
Fogh Rasmussen, aux médias danois.
L'ALLEMAGNE S'ABSTIENT AUSSI
Mais il n'y a pas que Londres qui se montre frileuse à
l'idée de lancer des actions punitives contre Damas sans détenir davantage de
preuves de l'implication du régime Al-Assad dans les présumées attaques au gaz
de la semaine dernière.
[Cette fois, le journaliste devient subitement prudent.]
Vendredi, le gouvernement allemand a aussi fait savoir qu'il
excluait toute participation à une intervention militaire en Syrie.
« On ne nous a pas demandé une telle participation, nous ne
l'avons pas envisagée et nous ne l'envisageons pas »
a déclaré un porte-parole du gouvernement allemand.
MOSCOU SATISFAIT DE LA DÉCISION DES
BRITANNIQUES
La Russie, principale alliée et défenseure du régime syrien,
s'est quant à elle félicitée du refus des parlementaires britanniques de
s'engager dans des frappes en Syrie.
Un geste qui, selon Moscou, porterait un « coup sérieux » à
l'ordre mondial, basé sur le rôle central des Nations unies.
PÉKIN RÉCLAME DES PREUVES
En Chine, un autre puissant allié de Damas, le ministre des
Affaires étrangères, Wang Yi, a déclaré à son homologue français, Laurent
Fabius, que la responsabilité du régime du président Assad devait être
clairement établie avant toute action militaire contre la Syrie.
POUR PÉKIN, IL FAUT D'ABORD SAVOIR
SI UNE ATTAQUE AU GAZ A BIEN EU LIEU
mais aussi pouvoir déterminer sans
équivoque qui en est responsable
ce qui n'est actuellement pas le cas, explique le
gouvernement chinois.
376 commentaires
*
[On remarquera aujourd'hui, le 14 décembre 2013, que cette attaque n'a pas eu lieu. Mais on se souviendra que, pendant un bon moment, tout le monde frétillait dans le sens du courant. Y compris, notre premier ministre qui aime tellement l'odeur de sueur des soldats. Si on a suivi les infos locales, on n'a pas été davantage informés. Sauf du nombre de nobles combattants qui ont fait successivement patate. Jusqu'à ce qu'on apprenne, il y a quelques jours que les USA cessaient d'aider (de subventionner) les combattants anti Syriens pour on ne sait quelle raison. On ne leur donnera plus d'armes mais des trucs humanitaires comme des couvertures. Jusqu'alors, on laissait croire qu'il s'agissait d'un conflit local. Des démocrates luttant contre le dictateur local. Les pays étrangers n'intervenant pas dans le conflit mais se contentant de soupirer de douleur devant les exactions du tyran. Maintenant, on dit qu'on faisait plus que soupirer. On se souviendra ici que les analystes de la TV montraient une carte de la région avec des dessins de bateaux et d'avions et de missiles - au plus fort de la crise (après août) (et avant le dégonflement mystérieux ). On nous disait que les bateaux anglais tireraient ici. Les bateaux canadiens tireraient là. Les avions français, anglais, canadiens, étatusiens passeraient au-dessus de tel ou tel pays pour aller bombarder. Il y aurait aussi des missiles tirés des bases US des environs. Tout ceci était fort satisfaisant. Et, quelques temps ensuite, patate! Comme c'aurait été compliqué d'expliquer - encore le temps d'attention des téléspectateurs fort limités - on a donc éviter d'en parler. Nous avions nos scandales locaux. C'est comme un roman dont il manque les chapitres du milieu. Comme on n'en a rien dit ici, on pouvait imaginer qu'on en a dit davantage ailleurs. Ce qui est le cas. Rappelons qu'avant le sommet de la crise, il y avait eu plusieurs tentatives de faire voter au Conseil de Sécurité une motion permettant de massacrer les Syriens. Qui le méritaient sans doute. Qui suis-je pour mettre en doute nos gouvernants ? À chaque tentative, les Russes (qui sont méchants) et les Chinois (qui sont sournois) mettaient leur véto. Patate. Nous rappellerons que si l'ONU avec 193 (?) pays peut voter quelque chose, elle ne peut voter un bombardement. C'est le Conseil de Sécurité qui contient une vingtaine de pays qui votera. Mais, en réalité, ce vote n'a aucune importance tant que les 5 pays qui ont le droit de véto n'auront pas voté unanimement. On voit donc que les choses se simplifient ce qui leur permet d'être plus facile à comprendre. Voyant ceci, les USA avec le Nobel de la Paix à leur tête, ont décidé de bombarder quand même. Ce qu'on appelle «intervenir». Avec quelques chiens de poche comme la France pour les assister. Car il fallait «intervenir». On allait le faire. Les analystes tout frétillant devant leurs cartes murales décrivaient les opérations. Ou l'autopsie. Mais comme on l'a dit quelques fois, personne n'est intervenu. Il n'est resté à la fin que la France qui voulait aller bombarder seule. Comme cette idée était tout à fait ridicule, on fait prendre sa médication à monsieur Hollande qui s'est finalement calmé. Mais que s'est-il passé ? Allez-vous nous dire, finalement, ce qui s'est passé? Ce que personne n'a dit ici. Surtout pas nos médias «d'information». Ce qui s'est passé, c'est que dans cette belle flotte de bateaux de guerre attendant le signal du massacre est arrivé le grand méchant loup. Un ours. Plutôt. On connaît l'humour russe. Sans avertissement, 2 (?) bateaux de guerre russes sont arrivé au milieu de la flotte ennemie (ou celles des sauveurs, allez savoir!). Se sont placés entre le rivage et eux, ce qui obligeait tous les autres à non pas leur tirer dessus - ce qui aurait été impoli- mais à faire passer au-dessus d'eux, les missiles et les obus qu'ils lanceraient sur la Syrie. Au risque que certains aient des défaillances et tombent dessus. Il y eut tout de suite un froid dans l'assistance. Un frisson glacé. Les navires russes étaient peu nombreux, ce n'est pas le nombre qui comptait à ce moment. Mais le fait que mère Russie envoyait quelques bateaux et attendaient plus loin pour voir ce qui se passerait. On vient de parler de la subtilité de l'humour Russe qui vaut celui des Britanniques. Ils ont tout de suite compris - l'understatement - et les parlementaires ont voté contre. Le premier ministre Canadien a compris aussi et a dit que l'armée Royale Canadienne ne se mêlerait pas de ce qui ne les concernait plus. Quoique de nombreux bateaux Canadiens se soient dirigés vers cette région sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Tout à fait par hasard. Le prix Nobel de la Paix a compris lui aussi. Il n'y a que monsieur Hollande de France qui n'est pas Prix Nobel qui n'a rien compris. Les règles venaient de changer. Un nouveau joueur venait de s'installer à la table. Dorénavant, il n'y aurait plus d'Irak 1 et 2, d.'Afghanistan, de Libye. Et, encore moins de Syrie ou d'Iran. Toutes choses qui sont advenues parce que l'URSS venait de s'effondrer et qu'on participait au pillage du pays. La bête était blessée et pansait ses plaies, selon la belle expression littéraire antique. Maintenant, l'Ours est revenu. Et, derrière, il y a l'immense empire Chinois. Chacun a ses propres intérêts. Et ses adversaires particuliers. Dont les USA qui sont les ennemis de tout le monde. Mais en ce qui concerne le Moyen-Orient, il n'est aucunement des intérêts des 2 grincheux de voir ces territoires aux mains des USA ou d'Israël. Ou, à défaut, de voir s'y installer le chaos créatif des néolibéraux/psychopathes/LeoStraussiens. Il est difficile de voir la suite. Mais, pour le moment, la guerre mondiale a été évitée. Car comme le disait un pessimiste: Libye. Syrie. Iran. Guerre mondiale. Jamais la Russie qui a semble-t-il tangué longtemps avant de prendre le cap, n'aurait permis que toutes les réserves de pétrole du monde soient aux mains des USA. Dans cette situation, il ne restait que 2 possibilités: faire acte de sujétion. La Russie éternelle devenant un serf de l'empire de 1000 ans. Possibilité s'étant déjà présenté dans le passé. Ou, comme dans le passé, il aurait fallu réagir. Sans compter les pertes ni les dégâts. Mais pour éviter une telle éventualité, il fallait empêcher que la situation se dégrade à ce point. Donc, protéger la Syrie avant que le pire n'arrive. Ce qui a été fait. Bien sûr, là-bas, la guerre se poursuit. Les civils en paient le prix. Mais il n'y a rien de nouveau. C'est ce qui se passe dans une guerre. Les seuls qui comptent sont les soldats ou les gens armés des 2 camps. En résultera un gagnant et un perdant. Tout le reste sera oublié. Comme ça a été le cas dans toutes les guerres. Lisez votre livre d'Histoire du Monde préféré.]
vendredi 13 décembre 2013
6267. SMUTEK - DEPKA
DOUTEUR. PROFESSEUR BULLE. HENRY DICKSON
Chanson. Smutek - Depka
lundi 9 décembre 2013
6266. 9 DÉCEMBRE 2013. QUEL EST L'ENDROIT LE PLUS AGRÉABLE CE TEMPS-CI DE L'ANNÉE ?
Image 1. SANA. L’Agence de presse Arabe Syrienne
Lundi 09 Décembre 2013- 10:40 PM. Syrie. Damas.
(degrés en C.)
(degrés en F.) (USA)
(degrés en C.)
Province de Québec. Ville de Québec. 20:02
(degrés en C.)
*
NOUVELLE DE LA SYRIE
SANTÉ
NOUVELLE CAMPAGNE DE VACCINATION CONTRE LA POLIOMYÉLITE
08 déc 2013
Gouvernorats
Le ministère de la Santé a lancé aujourd'hui une nouvelle
campagne de vaccination contre la poliomyélite comprenant 2,2 millions
d'enfants âgés de moins de cinq ans.
Le ministère de la santé en collaboration avec les
organisations internationales de la santé, l'UNICEF, l'OMS et le Croissant-Rouge arabe
syrien ont élaboré un plan global au niveau national
(…)
dimanche 8 décembre 2013
6265. LU
*
LE DÉFI DE L’UKRAINE ? SE LIBÉRER DES INFLUENCES ÉTRANGÈRES
Nicolas Vodé
Le 6 décembre 2013
Nicolas Vodé
Le 6 décembre 2013
Boulevard Voltaire. La liberté guide nos pas.
Les promesses d’un avenir chatoyant et démocratique ne
cachent rien d’autre que les abandons de souveraineté que nous connaissons en
France.
*
COMMENTAIRES DU PEUPLE
*
COMMENTAIRES DU PEUPLE
1
IMPOSSIBLE !
Nulle Nation au Monde ne peut se liberer des
influences etrangeres , c'est du Foin pour Clampin, même la Coree du Nord ne
peut pas c'est vous dire si c'est tout simplement IMPOSSIBLE !
Jean Claude Gounot. 6 déc. 2013
2
22% des Ukrainiens sont des Russes.
Bien que la langue
officielle soit l’ukrainien, les Ukrainiens parlent russe. Pratiquement tout le
Sud et l’Est de l’Ukraine sont pro-russes.
Sans l’Ukraine, la Russie n’a plus accès à la Méditerranée
par la Mer Noire (Odessa et la Crimée qui sont à l’Ukraine).
Ceci dit, les Ukrainiens feraient mieux de se poser la seule
question qui vaille : si nous nous séparons violemment de la Russie, que
croyons-nous que la Russie fera, ne serait-ce que pour son équilibre et sa
propre sauvegarde (...).
Pensent-ils sérieusement que les « européens », qui ne
voulaient déjà pas mourir pour Dantzig (Gdansk), iront se battre pour Kiev ?
Pensent-ils que les Russes et/ou russophones de l’Est du
pays ne demanderont pas de l’aide au grand voisin (rappelons-nous l’Ossétie!) ?
Si l’Ukraine veut rester libre et unie, les Ukrainiens
feraient beaucoup mieux de jouer sur les deux tableaux, l’UE à l’Ouest et la
Russie à l’Est, plutôt que de choisir un camp qui rendra sa politique
hémiplégique et, à partir de là, dangereuse pour elle.
(...) que surtout l'Ukraine
ne choisisse pas
mais que les ukrainiens se débarrassent vite des corrompus
qui les dirigent, opposition comprise.
Patrice Lach Comte. 6 déc. 2013
3
Le rêve "européen" des ukrainiens, en fait le
"rêve américain" tant il est vrai que les Pays d'Europe de l'Est ne
font pas la différence entre l'Europe et les USA, différence que nous faisons
aussi de moins en moins à l'Ouest de l'Europe;
ce rêve américano-européen est
nourri par les réseaux sociaux, par les nouvelles générations de smartphone pour
la plupart de conception nord américaine, et surtout par l'écrasante production
audiovisuelle et cinématographique venant des USA.
Tout cela contribue à rendre attrayant aux yeux d'une grande
partie de la population ukrainienne l'Union européenne que beaucoup de
manifestants connaissent peu ou mal et qu'ils idéalisent, notamment en pensant
que la corruption existant dans leur pays disparaîtrait comme par enchantement
si des politiciens pro-occidentaux succédaient aux politiciens ukrainiens
pro-russes alors.
En outre la fraction de l'opinion ukrainienne qui soutient
l'opposition ukrainienne, voit dans cet accord de libre échange et
d'association entre l'Union européenne et l'Ukraine une facilité pour émigrer
vers l'Europe de l'Ouest et c'est le cas notamment pour les jeunes diplômés
qualifiés.
Rien n'aide le peuple ukrainien à "peser
sereinement" le pour et le contre d'un rapprochement avec l'Union
européenne ou à l'inverse avec la Russie et ce ne sont pas les médias
occidentaux, abordant ce conflit d'une manière très unilatérale qui les y
aideront.
Idéalement, l'intérêt bien compris de ce pays serait de
garder de bonnes relations tant avec l'UE qu'avec la Russie.
Malheureusement ce pays est l'enjeu d'une confrontation
géo-politique entre le bloc atlanto-européen et la Russie, les américains (...) cherchant à repousser toujours plus loin
l'influence russe en instrumentalisant la notion d'élargissement de l'Union
européenne.
Quant aux dirigeants européens ils surfent sur cette vague
de contestation en Ukraine, pour faire oublier le discrédit, à la veille
d'élections européennes, de la politique que mène l'Union européenne depuis 30
ans et de ses échecs économiques et sociaux.
R Yves Mansuy · 6 décembre, 01:40
4
Malheureusement, l'Ukraine n'a pas les moyens de son
indépendance,
pour cela il faut une indépendance militaire ou économique et des
élites patriotes l'UKraine n'a rien de tout cela.
Eddy Mar · 6
décembre, 2013. 00:29
mercredi 4 décembre 2013
6264. 藏曲360 -- 吉祥的夢
*
Une petite chanson
藏曲360--吉祥的夢
《吉祥的夢》བཀྲ་ཤིས་པའི་རྨི་ལམ། 原曲是由藏人歌手 昂旺登真 ངག་དབང་བསྟན་འཛིན། 所演唱。小調民謠的曲風,收錄在2011年第2張個人專輯--《吉祥的夢》བཀྲ་ཤིས་པའི་རྨི་ལམ། 當中。歌詞中描寫藏人的渴望與夢想。吉他自彈自唱,是藏曲360的藏文教學曲目。歌詞與和弦請見「阿蘭‧荏芊堪卓」部落格:
བཀྲ་ཤིས་པའི་རྨི་ལམ།
《吉祥的夢》
ཚིག འབའ་པ་སྐལ་བཟང་འཕྲིན་ལས། ལེན་མཁན། ངག་དབང་བསྟན་འཛིན།
詞:呷桑春麗/演唱:昂旺登真
ངས་མདང་སོང་རྨི་ལམ་ཡག་པོ་རྨིས། རྩེ་པོ་ཏ་ལ་ཡི་རྩེ་མོ་ནས།
誒當松咪朗雅波密 則波達拉宜則摩內
我昨晚夢見了好夢 從布達拉宮的頂端
གསེར་ཉི་མ་སེར་པོ་ཤར་བ་རྨིས། འོད་སེར་པོས་བོད་ཁམས་བསྐོར་བ་རྨིས།
瑟尼瑪瑟波夏哇密 偉瑟波佩康郭哇密
夢見金黃日光升起 金色光芒環繞藏區
ངས་མདང་སོང་རྨི་ལམ་ཡག་པོ་རྨིས། གནས་གངས་དཀར་རི་བོའི་རྩེ་མོ་ནས།
誒當松咪朗雅波密 內康嘎日窩則摩內
我昨晚夢見了好夢 從勝地雪山的頂端
དུང་ཟླ་བ་དཀར་པོ་ཤར་བ་རྨིས། འོད་དཀར་པོས་བོད་ཁམས་བསྐོར་བ་རྨིས།
統達哇嘎波夏哇密 偉嘎悲佩康郭哇密
夢見皎潔明月升起 純白光芒環繞藏區
དགའ་བ་ལ་སྐྱིད་པ་ལ། དགའ་བའི་ཉིན་དེར་སྐྱིད་པའི་གླུ་དབྱངས་ལེན།
嘎哇拉吉巴拉 嘎威寧帖吉貝路央連
既歡喜且開心 歡喜的日子吟快樂曲
ངས་མདང་སོང་རྨི་ལམ་ཡག་པོ་རྨིས། གནམ་སྔོན་མོ་གཡུ་ཡི་མེ་ལོང་ན།
誒當松咪朗雅波密 南恩摩玉宜美隆那
我昨晚夢見了好夢 從藍天碧玉的鏡裡
གནམ་གསལ་པོ་སྐར་ཆེན་ཤར་བ་རྨིས། འོད་དཀར་པོས་ལམ་སྣ་གསལ་བ་རྨིས།
南瑟波嘎千夏哇密 偉嘎悲朗那瑟哇密
夢見浩空明星現起 純白光芒指引明路
ངས་མདང་སོང་རྨི་ལམ་ཡག་པོ་རྨིས། བོད་གངས་ཅན་ཡུལ་གྱི་ས་ཆ་ལ།
誒當松咪朗雅波密 佩康間於吉薩恰拉
我昨晚夢見了好夢 在雪域西藏的土地
མགོན་ཉི་ཟླ་སྐར་གསུམ་འཛོམས་པ་རྨིས། མཛེས་མེ་ཏོག་ཆར་པ་བབས་པ་རྨིས།
袞尼達嘎松宗巴密 則美多恰巴帕巴密
夢見日月星三怙主 齊聚而降下了花雨
དགའ་བ་ལ་སྐྱིད་པ་ལ། དགའ་བའི་ཉིན་དེར་སྐྱིད་པའི་གླུ་དབྱངས་ལེན།
嘎哇拉吉巴拉 嘎威寧帖吉貝路央連
既歡喜且開心 歡喜的日子吟快樂曲
དགའ་བ་ལ་སྐྱིད་པ་ལ། དགའ་བའི་ཉིན་དེར་སྐྱིད་པའི་གླུ་དབྱངས་ལེན།
嘎哇拉吉巴拉 嘎威寧帖吉貝路央連
既歡喜且開心 歡喜的日子吟快樂曲
Publiée le 23 oct. 2012
DOUTEUR. PROFESSEUR BULLE. HENRY DICKSON
Chanson. 藏曲360 -- 吉祥的夢
mardi 3 décembre 2013
6263. POUR NOS AMIS LES BANQUIERS, DES FAUTEUILS CANCÉREUX PROVENANT D’UNE MUTATION CELLULAIRE INFINIE. QUE DEMANDER DE PLUS ? ON NE SAIT PAS. POURQUOI VOUS ? MAIS PARCE QUE VOUS LE VALEZ BIEN !
LE + INQUIÉTANT
MUTATION du Belge Marteen de Ceulaer.
À première vue, un staphylocoque qui aurait atteint une taille démesurée après quelque mutation cellulaire.
Observation faite, des sphères en mousse fixées sur une structure avant d’être recouvertes d’un textile fini velours.
Au final, un canapé annonciateur d’un futur probable où les meubles se développeront à partir de micro-organisme.
Texte revue Décormag. Juillet-août 2012. P. 44
*
DESIGN - UN CANAPÉ MUTANT SIGNÉ MAARTEN DE CEULAER
ARTY WEBZINE
L'art sous un nouvel angle
Cette semaine focus sur "Mutation Series", une collection d’assises nuageuse.
Le designer belge Maarten de Ceulaer signe là des chaises, fauteuils et canapés
qui ne semblent pas avoir été créés de la main de l’homme.
Comme si ces oeuvres s’étaient développées de manière organique. À l’esprit nous vient l’idée d’une mutation cellulaire ou d’une réaction chimique ou nucléaire.
En réalité, les assises de la série "Mutation" sont le résultat de l’agglomération
de plusieurs boules de mousse emboîtées entre elles, le tout fixé sur un cadre enduit
de caoutchouc.
Pour les pattes de ces jolies bêtes, de l’inox.
*
MAARTEN DE CEULAER. MUTATION SERIES
Belgium-based designer maarten de ceulaer presents his 'mutation series'
at this year's Milan Design Week 2012.
The pieces resemble the organic transformation of cells
that have grown out of scale due to a virus or nuclear reaction.
De ceulaer is taking an experimental review of classical furniture upholstery,
As each item is created by carefully composing patterns with cut-offs of foam spheres of various sizes, which are then applied to the structure. The entire object is then coated with durable rubber mirroring a tactile velvet-like finish,
Making each design completely different and unique.
The prototypes range in size from small ottomans and stools to large sofas and over-sized chairs.
*
The pieces in this series look like they weren’t made by hands, but have grown to their present form organically.
They might be the result of a mutation in cells, or the result of a chemical or nuclear reaction.
Perhaps it’s a virus or bacteria that has grown dramatically out of scale.
The Mutation pieces make you look at furniture in a different way.
Maybe one day we would be able to grow a piece of furniture like we breed or clone an animal, and manipulate it’s shape like a bonsai tree.
On the other hand, the project can be seen as an experimental review of classic furniture upholstery.
It reminds us of the famous and iconic deep buttoned (Chesterfield) sofa's,
interpreted in a highly contemporary and sculptural way.
Instead of upholstering springs and foam with leather or textile, these pieces are created by carefully composing patterns with cut-offs of foam spheres of various sizes, and applying them onto a structure. In the end the entire piece gets coated, with a durable rubber or tactile velvet-like finish.
It is hardly impossible to ever recreate such a specific pattern, so every piece is completely unique.
All images photographed by Nico Neefs
http://www.google.ca/imgres?imgurl=http://www.designboom.com/weblog/images/images_2/richelle/69mutationseries/m01.jpg&imgrefurl=http://www.designboom.com/design/maarten-de-ceulaer-mutation-series-2/&h=545&w=818&sz=84&tbnid=x0XEah-hQoxfAM:&tbnh=90&tbnw=135&zoom=1&usg=__58KtNGQ0I_DuwsKHc9k_hyrpQig=&docid=PXZOacHrdd3GKM&sa=X&ei=yzuVUs_ZMvHdsASey4HoDQ&ved=0CC8Q9QEwAA
lundi 2 décembre 2013
6262. DANS NOTRE SÉRIE DE COURS DE PHILOSOPHIE PRATIQUE ET UTILITAIRE POUR LES NOUVEAUX ARRIVANTS SUR TERRE (ET QUI COMPTENT Y RESTER UN CERTAIN TEMPS) (CE QUI N'EST PAS NÉCESSAIRE!) NOUS DÉCRIRONS UNE DES NOMBREUSES VARIÉTÉS DE PSYCHOPATHES QUI NOUS DIRIGENT. ICI, LES BANQUIERS.
*
Dans son livre Dette : 5000 ans d’histoire (…) l’anthropologue David Graeber, l’une des figures marquantes d’Occupy Wall Street (…) réclame l’annulation des dettes, ces intolérables rapports de pouvoir.
Dans son livre Dette : 5000 ans d’histoire (…) l’anthropologue David Graeber, l’une des figures marquantes d’Occupy Wall Street (…) réclame l’annulation des dettes, ces intolérables rapports de pouvoir.
(…)
Pour contredire les braves gens qui clament que nous avons
tous l’obligation morale de payer nos dettes
(…)
(…) Les USA, qui se font les champions mondiaux de la
liberté autant que des dépenses militaires, tout en réclamant le remboursement
des emprunts faits par les pays du Sud, ont eux-mêmes une dette de beaucoup
supérieure à celle de l’ensemble des nations défavorisées.
La notion de dette, c’est-à-dire
d’obligation du dominé envers le dominant, se trouve vidée de son sens par l’oncle
Sam.
Graeber le prouve en insistant sur le remède magique apporté
à la débâcle financière de 2008 par la Réserve fédérale américaine qui (…) est
«un consortium de banques privées dont le président est nommé» par le
gouvernement.
À coup de centaines de milliards, la Réserve a sauvé le
système financier privé dont elle constitue (…) le cœur.
La leçon est claire. La dette des États-Unis a beau
augmenter vertigineusement, les choses se passent comme si elle s’effaçait en
secret.
UN DIALOGUE PIKETTY-GRAEBER:
"COMMENT SORTIR DE LA DETTE"
- UNE RENCONTRE PASSIONNANTE ENTRE UN
ÉCONOMISTE ET UN ANTHROPOLOGUE - A LIRE !!!
Par Joseph Confavreux et Jade Lindgaard
06 octobre 2013
mediapart.fr
Il existe quatre méthodes principales pour réduire
significativement une dette publique :
la répudiation, l’impôt sur le capital, l’inflation et
l’austérité.
Mediapart a organisé une rencontre inédite entre
l’économiste Thomas Piketty et l’anthropologue David Graeber.
Dette, 5000 ans
d’histoire, de l’anthropologue David Graeber, publié par Les Liens qui
libèrent, et Le Capital au XXIe siècle
de l’économiste Thomas Piketty, édité au Seuil, constituent sans doute les
essais les plus forts, décapants et politiques de cette rentrée.
Chacun des deux auteurs recourt à l’histoire longue – trois
siècles pour Thomas Piketty et 5000 ans pour David Graeber – pour dresser un
saisissant paysage de la manière dont nous sommes arrivés à une situation où
l’inégalité entre les hommes et le poids des dettes atteint des sommets
insoutenables.
Tous deux s’appuient sur un corpus impressionnant pour
proposer des solutions originales :
un impôt exceptionnel, progressif et, si possible, mondial,
sur le capital et les patrimoines pour Thomas Piketty ;
une répudiation des dettes, comme plusieurs sociétés en ont
connu au cours des siècles,
pour David Graeber.
D’où l’envie d’organiser une rencontre entre les deux
chercheurs, à l’occasion de la venue à Paris de l’Américain, rencontre centrée
sur la question de savoir comment se libérer économiquement, politiquement,
mais aussi mentalement, des processus d’endettement et de creusement des
inégalités.
Vous semblez tous deux penser que le système économique et
financier est en bout de course, et ne pourra pas tenir très longtemps en
l’état.
Pourriez-vous,
chacun, expliquer quelles en sont les principales raisons ?
Thomas Piketty.
Je ne suis pas sûr qu’on soit à la veille d’un effondrement du système, du
moins d’un point de vue purement économique.
Cela dépend beaucoup des
réactions politiques et DE LA CAPACITÉ DES ÉLITES À
PERSUADER LE RESTE DE LA POPULATION QUE LA SITUATION EST ACCEPTABLE ou non.
S’IL EXISTE UN APPAREIL DE
CONVICTION TRÈS EFFICACE,
il n’y a aucune raison que le système ne
puisse pas continuer à exister en l’état.
Je ne crois donc pas que des forces purement économiques causeront
la chute du système.
Marx pensait que la baisse tendancielle du taux de profit
ferait inéluctablement tomber le système capitaliste. D'une certaine manière,
je suis plus pessimiste que lui, puisque même avec un taux de rendement du
capital stable, autour de 5 % en moyenne, et une croissance mesurée, les richesses seront de plus en plus concentrées et le
poids des héritages du passé toujours plus fort.
Mais cela, en soi, ne signifie pas qu’il se produira un
effondrement économique.
Ma thèse est donc différente de celle de Marx, et aussi de
celle de David Graeber.
Il se produit certes une explosion de la dette, notamment
américaine, que nous observons tous : mais il y a, dans le même temps, une
forte augmentation du capital, bien supérieure au montant de la dette.
La richesse nette créée est donc
positive, puisque la croissance du capital est plus rapide encore que la montée
de la dette. Je ne dis pas que c’est nécessairement une bonne chose.
Mais il n’y a pas de raison purement économique qui ferait
que ce phénomène serait synonyme d'effondrement du système.
Mais vous dites bien
que le niveau d’inégalités est devenu insupportable ?
T. P. Oui mais,
là encore, L’APPAREIL DE PERSUASION, OU DE RÉPRESSION,
en fonction du pays dont vous parlez, ou la combinaison des deux, peut
permettre à une telle situation de durer.
Il y a un siècle, en dépit du
suffrage universel, les élites des pays industrialisés avaient réussi à refuser
toute mise en place d'impôts progressifs.
Il a fallu la guerre pour créer un
impôt sur le revenu progressif.
David Graeber.
Mais l’endettement d’une personne correspond nécessairement à la richesse d’une
autre, non ?
T. P. C’est un
point intéressant. J’ai adoré votre livre, la seule critique que j’en ferais,
c’est que le capital ne se résume pas à la dette.
Il est exact que davantage de
dettes, qu’elle soit publique ou privée, crée des ressources pour d'autres.
Mais vous n'évoquez pas frontalement les différences
possibles entre la dette et le capital.
Vous faites comme si l’histoire du capital était la même que
celle de la dette. Je pense que vous avez raison de dire que la dette joue un
rôle beaucoup plus important qu’on ne l’a supposé jusqu’ici.
Et, en particulier, dans les contes
de fées que racontent les économistes sur l’accumulation du capital, le troc,
la création de la monnaie ou l'échange monétaire.
La manière dont vous déplacez le regard, en insistant sur
les relations de pouvoir et de domination à l’œuvre dans les relations
d'endettement, est excellente.
Mais le capital est utile en soi. Les inégalités de capital
sont un problème, mais pas le capital en lui-même. Et il y a beaucoup plus de
capital aujourd’hui qu’auparavant.
D. G. Je ne veux pas dire
que le capital se résume à la dette.
Mais qu’on raconte l’inverse à tout
le monde,
et que c’est notre rôle de remplir les blancs que ce récit
laisse sur l’histoire du salariat, du capitalisme industriel, des formes
initiales de capital. J’essaie d’élargir le spectre.
Pourquoi dites-vous que les ressources augmentent alors même
que la dette augmente ?
T. P. La richesse nette a augmenté, c'est-à-dire les
ressources telles qu'on peut les calculer, même compte tenu de la dette.
D. G. Il y a donc
plus de richesses par tête qu’avant ?
T.P. C’est
évident. Prenons les logements. Non seulement il y a plus de logements qu’il y
a 50 ou 100 ans, mais, en proportion d’un an de production, il y a beaucoup
plus de logements « nets de dette » qu’auparavant.
Rapporté à un an de PIB, si vous mesurez le capital
national, défini comme tous les revenus engendrés par l’activité économique, et
que vous déduisez tout l’endettement des acteurs publics et privés du pays, le
ratio a augmenté dans les pays riches depuis 40 ans.
C’est un peu moins spectaculaire aux États-Unis qu’en Europe
et au Japon, mais il augmente aussi. Les ressources augmentent donc beaucoup
plus vite que la dette.
D. G. Pour
revenir à la question initiale, sur un possible
effondrement du système, je pense que les prévisions historiques de ce
type sont piégées.
CE QUI EST SÛR, C’EST QUE TOUS LES
SYSTÈMES ONT UNE FIN,
et qu’il est très dur de savoir quand cela se produira.
Mais nous voyons les signes d’un ralentissement du système
capitaliste.
Au niveau technologique, on n’a pas le sentiment, comme dans
les années 1960 et 1970, de se trouver à la veille de grandes inventions.
En termes de visions politiques, on semble loin des grands
projets de l'après-guerre, comme la création de l'ONU ou le lancement du
programme spatial.
PERSONNE N'ARRIVE MÊME À AGIR SUR LE
DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE, QUI MENACE POURTANT LA VIABILITÉ DE NOTRE ÉCOSYSTÈME ET
DE LA VIE HUMAINE.
Ce sentiment d’impuissance
vient notamment du fait que, depuis trente ans,
LES APPAREILS DE PERSUASION OU DE
COERCITION,
ONT ÉTÉ DAVANTAGE MOBILISÉS POUR GAGNER
LA GUERRE IDÉOLOGIQUE
que
pour n'importe quoi d'autre,
y compris créer les conditions de la viabilité du système
capitaliste.
Le néolibéralisme a privilégié le
politique et l'idéologique sur l’économique.
STRATÉGIQUEMENT, CELA VEUT DIRE
QU‘IL A PRÉFÉRÉ TOUT DÉPLOYER POUR FAIRE CROIRE QUE LE CAPITALISME EST VIABLE À
LONG TERME, PLUTÔT QUE S’ATTELER À LE RENDRE VIABLE À LONG TERME.
Le résultat, c’est une guerre de
l’imaginaire,
efficace au point que les gens qui
se retrouvent avec des boulots de merde pensent que rien d’autre n’est
possible.
On voit bien que cette hégémonie
idéologique atteint ses limites aujourd'hui.
Cela signifie-t-il que le système s’effondre ? C’est dur à
dire.
MAIS S’IL COMMENÇAIT À S’EFFONDRER,
CELA RESSEMBLERAIT À CE QUE NOUS VOYONS.
Les systèmes économiques peuvent connaître des changements
fondamentaux.
Le capitalisme est récent, il est raisonnable d’imaginer
qu’il peut devenir quelque chose d’autre.
« RETOUR À LA MÉSOPOTAMIE »
Le capitalisme est-il
en lui-même la source du problème ou peut-il être réformé ?
T. P. Un des
points que j'apprécie le plus dans le livre de David Graeber, c’est la
continuité qu’il établit entre l’esclavage et la dette publique.
La forme la plus extrême de la dette
est l’esclavage :
vous appartenez pour toujours à quelqu’un d’autre, et
vos enfants potentiellement aussi.
En principe, l’un des progrès de la civilisation a été de se
débarrasser de l’esclavage.
Or, nous explique David Graeber, la transmission
inter-générationnelle de la dette, qui se faisait avec l'esclavage, a trouvé un
mode d'existence moderne, qui est la dette publique et son augmentation, qui
permet de transférer l'endettement d'une génération à l'autre.
On peut imaginer un cas extrême,
avec une quantité infinie de dette publique,
qui représenterait non pas un,
mais dix ou vingt ans de PIB,
et qui reviendrait à faire exister une société
complètement esclavagisée,
où toute la production, où toute la création de
richesses
serait affectée à rembourser la dette.
Tout le monde serait, par ce biais, esclave d’une minorité
de la population, ce qui serait un retour au début de notre histoire.
Dans les faits, nous n’en sommes pas encore là.
Il y a en effet encore beaucoup de capital à mettre en face
de la dette.
Mais cette façon de regarder les choses aide à comprendre
cette étrange situation, où on culpabilise les endettés,
où on nous rabâche que, chacun, nous
« possédons » entre 30 000 et 40 000 euros de la dette publique nationale.
C’est particulièrement fou car, encore une fois, nous
possédons collectivement plus de ressources que de dettes.
Une grande partie de la population possède très peu de
capital, puisqu’il est très concentré.
JUSQU’AU XIX e SIÈCLE, 90
% DU STOCK DE CAPITAL APPARTENAIENT À 10 % DE LA POPULATION.
Aujourd’hui c’est un peu différent.
Aux États-Unis, 73 % du stock de capital appartient aux 10 %
les plus riches.
C’est quand même un
niveau de concentration qui implique que 50 % de la
population ne possède que de la dette.
Pour cette moitié de la population, la dette publique par
tête est donc plus grosse que ce qu’ils possèdent.
Mais 50 % de la population « possède » plus de capital que
de dettes et il est donc absurde de culpabiliser ainsi les populations pour
justifier les politiques d'austérité.
L’annulation de la dette est-elle pour autant la solution,
ainsi que l'écrit David Graeber ?
Je n’ai rien contre. MAIS JE SUIS
PLUS FAVORABLE À UN IMPÔT PROGRESSIF SUR LE PATRIMOINE, AVEC DE FORTS TAUX
D’IMPOSITION EN HAUT DE L’ÉCHELLE.
Pourquoi ? La question est de savoir à quoi ressemble le
jour d’après. Que faites-vous une fois que la dette est annulée ? C’est quoi le
plan ?
Annuler la dette, c’est considérer que le dernier créancier,
le détenteur en dernier ressort de la dette, est le coupable.
Or, le système de transactions
financières tel qu'il fonctionne permet aux plus gros acteurs de se débarrasser
de leurs titres de dette bien avant l’annulation.
Le dernier créancier, du fait du système d’intermédiation,
n’est pas forcément très riche.
Si vous annulez la dette, il n’est pas sûr que
les plus riches y perdent de l’argent.
D. G. Personne ne prétend que l’annulation de la dette est la seule
solution. Pour moi, c’est un élément inévitable dans une série de solutions.
Je ne crois pas que l’annulation de la dette puisse résoudre
tous nos problèmes. Il s'agit davantage d'une rupture conceptuelle.
Pour être tout à fait honnête, je crois vraiment que
L’EFFACEMENT MASSIF DE LA DETTE VA, DE TOUTE FAÇON, SE
PRODUIRE, D’UNE FAÇON OU D’UNE AUTRE.
Pour moi, la discussion porte donc davantage sur les
modalités de cette annulation :
ouvertement, par décision verticale, en
protégeant les intérêts des structures existantes ou sous l’impulsion des
mouvements sociaux.
La plupart des responsables politiques et économiques
auxquels j’ai parlé reconnaissent qu’une forme de répudiation de la dette est
nécessaire.
T. P. C'EST BIEN MON PROBLÈME : LES BANQUIERS SONT D’ACCORD AVEC
VOUS !
D. G. À partir du
moment où cet effacement de la dette va se produire,
la question est de savoir
comment nous prenons possession de ce processus pour qu’il se termine bien.
Car, dans l’histoire, il y a de multiples exemples
d’effacement de l’endettement qui ont servi à préserver les structures sociales
existantes et souvent iniques.
Mais cet effacement a aussi, parfois, servi à produire du
changement social.
Prenez les origines des constitutions athéniennes et
romaines, dans les deux cas, il y avait une crise de la dette, et une manière
de la régler a été de prendre des réformes politiques structurelles.
La république romaine et la
démocratie athéniennes sont nées de crise de la dette.
En réalité, tous les grands moments de transformation
politique sont nés d’une manière ou d’une autre de crises de dette.
Pendant la révolution américaine, la
répudiation de la dette vis-à-vis de la Grande-Bretagne était l’une des
demandes.
Je pense que nous sommes devant un moment semblable, qui
demande de l'invention politique.
Mais l'effacement n’est pas une solution en soi, puisqu'il
en existe historiquement des versions terriblement régressives.
Le Boston Consulting Group a ainsi pondu une note intitulée
« Retour à la Mésopotamie » sur ce sujet, où ils font tourner
des modèles pour voir ce qu’il se passerait en cas d’effacements massifs de
dettes.
Leur conclusion est que cela créerait de gros troubles économiques,
mais que de ne pas le faire en créerait encore plus !
Si vous voulez protéger les structures actuelles de
l’économie, il sera nécessaire d'en passer par là.
Voilà un exemple typique de réponse réactionnaire à la
proposition d’effacement de la dette.
Concernant le capitalisme, il m’est
difficile de l’imaginer survivant encore plus de cinquante ans, surtout au
regard de la question écologique.
Lorsqu'on reprochait au mouvement Occupy Wall Street de ne
pas formuler de demande concrète,
alors qu'on l'avait fait, j'ai lancé, un peu
par provocation, l'idée d’annuler la dette et
d’instaurer
la journée de travail de 4 heures.
Ce serait bénéfique écologiquement et répondrait à
L’HYPERTROPHIE DU TEMPS DE TRAVAIL
QUI VEUT QUE NOUS
TRAVAILLONS BEAUCOUP
POUR DES BOULOTS DONT UNE GRANDE PARTIE
NE SERT À RIEN
D’AUTRE
QU'À OCCUPER LES GENS.
LE MODE DE PRODUCTION ACTUEL
EST
FONDÉ SUR DES PRINCIPES MORAUX
PLUS QU’ÉCONOMIQUES.
La croissance de la dette, des heures de travail et de la
discipline de travail, tout cela semble aller de pair.
Si la monnaie est une relation sociale faite de la promesse
que chacun accordera la même valeur au billet de banque qu’il a entre les
mains,
pourquoi ne pas réfléchir au type de promesses que nous souhaitons nous
faire,
en matière de productivité future et d’engagement dans le travail ?
C’est pourquoi je dis que l’abolition de la dette est une
rupture conceptuelle.
C’est pour nous aider à imaginer d’autres formes de contrat
social, qui pourraient être renégociées démocratiquement.
« S'ILS N'ONT PAS PEUR DE L'IRAK, IL N'Y A PAS DE RAISON
D’AVOIR PEUR DES BAHAMAS OU DE JERSEY »
À vous lire, Thomas
Piketty, la répudiation de la dette n'est pas une solution « civilisée ».
Qu'entendez-vous par là ?
T. P. Parce que
les derniers créanciers des dettes ne sont pas nécessairement ceux qu'il
faudrait faire payer.
Que pensez-vous, David Graeber, de la proposition d’un impôt
progressif sur les richesses, qui me paraît être une façon plus civilisée
d'aboutir à ce résultat ?
J’insiste sur le fait que je suis vraiment très perplexe
face au fait que les plus fervents soutiens de l’abolition de la dette, à part
vous, sont ceux qui veulent des « haircuts »,
cette expression employée au FMI
et à la Bundesbank, qui revient à dire :
les détenteurs de dette publiques ont
pris beaucoup de risques, donc maintenant, ils doivent payer.
Réduisons de 50 % la valeur de la dette grecque, de 60 %
celle de la dette chypriote.
Ce n'est pas du tout une solution progressiste !
Je suis surpris, excusez-moi, que vous ne preniez pas plus
au sérieux la question de quel outil nous doter, de quelles institutions
collectives créer, afin de mieux cibler ceux que nous voulons cibler ?
Une partie de notre rôle d’intellectuels est de dire quelles
institutions collectives nous voulons bâtir.
L’impôt en fait partie.
D. G. L’impôt progressif me semble typique de l’« ère keynésienne »
et de mécanismes redistributifs fondés sur des hypothèses de taux de croissance
qui ne semblent plus vraiment soutenables.
Ces formes de mécanismes de
redistribution s’appuient sur des projections de hausse de productivité, liées
aux hausses de salaires qui, historiquement, se sont produites en même temps
que la mise en place de politiques fiscales redistributives.
Est-ce que ces politiques sont
viables dans un contexte de faible croissance ?
Avec quels effets sociaux ?
T. P. Une faible
croissance rend encore plus désirable ce type d’instruments fiscaux
redistributifs.
Je ne parle pas seulement du traditionnel impôt sur le
revenu ; mais bien d’une taxation progressive de la richesse et du capital.
Il y a une quantité de capital que des gens possèdent, net
de dette.
Si vous imposez un taux d’imposition progressif sur ce
capital, pour ceux qui possèdent très peu, le taux d’imposition est négatif, et
cela revient donc à effacer une partie de leurs dettes.
Il s'agit donc de quelque chose de très différent des
politiques keynésiennes d’imposition sur le revenu.
Par ailleurs, la faible croissance rend l’impôt sur le
revenu et l’impôt sur les richesses encore plus désirables car, avec une faible
croissance, l’écart entre le taux de rendement du capital et le taux de
croissance s’accroît.
Durant la plus grande partie de
l’histoire humaine, la croissance a été presque nulle, et le taux de
rendement du capital était d'environ 5 %.
Quand le taux de croissance est d’environ 5 %, comme en
Europe après la guerre, l’écart entre les deux est donc faible.
Mais quand le taux de croissance est de 1 %, ou même négatif
comme dans certains pays européens, l’écart entre les deux taux devient énorme.
Ce n'est pas un problème d'un point de vue purement
économique, mais c'est en un d'un point de vue social, parce que cela entraîne
de grosses concentrations de la richesse.
Face à cela, la taxation progressive
de la richesse et du patrimoine est utile.
D. G. Mais cet
impôt progressif sur le capital ne devrait-il pas être international ?
T. P. Oui bien
sûr. Je suis internationaliste, comme vous, je ne pense donc pas que ce soit un
point de discussion entre nous.
D. G. C’est quand
même intéressant car, historiquement, quand vous passez à une ère où le crédit
est fort, vous avez en général une forme de mécanisme surplombant qui protège
les débiteurs et empêche les créanciers de faire n'importe quoi, quitte à
prendre des mesures favorables aux débiteurs.
Ces mécanismes qui empêchent les créanciers d'avoir trop
d'emprise sur les débiteurs ont pris des formes diverses :
une monarchie de
droit divin en Mésopotamie, le jubilé biblique, le droit canon au Moyen Âge, le
bouddhisme, le confucianisme :
en bref, il existait dans ces sociétés un appareil
institutionnel et/ou moral qui maintenait une forme de contrôle sur le crédit.
Aujourd’hui, nous sommes dans une phase où le crédit est
déterminant, mais nous faisons les choses à l’envers.
Nous avons déjà des institutions surplombantes, de nature
quasi religieuses dans la mesure où
le néolibéralisme
peut être vu comme une forme de foi,
mais, au lieu de protéger les débiteurs contre les
créanciers, elles font l’inverse.
Depuis trente ans, l'ensemble
composé par le FMI, l'OMC, les institutions financières issues de Bretton
Woods, les banques d’investissements, les multinationales ou les ONG
internationales constitue
UN SYSTÈME BUREAUCRATIQUE INTERNATIONAL DE TAILLE
MONDIALE QUI, CONTRAIREMENT À L’ONU, A LES MOYENS DE FAIRE APPLIQUER SES
DÉCISIONS.
Puisque toute cette structure a été
explicitement mise en place pour défendre les intérêts des financiers et des
créanciers,
comment serait-il politiquement possible de transformer cet
appareil pour qu’il fasse le contraire de ce pour quoi il a été mis en œuvre ?
T. P. Il va
falloir convaincre plus de gens, que puis-je vous dire ? !
C’est important de savoir déjà où nous voulons aller.
Ce qui m’inquiète, c’est que pour les grandes institutions
dont vous parlez, il est beaucoup plus naturel que ce que vous pensez d’annuler
la dette.
Pourquoi aiment-ils cette expression d’«haircut » ?
Parce que vous restez dans le système moral du marché. Le coupable est
celui qui possède la dette.
Le risque, pour moi, est que les
institutions financières aillent dans la direction que vous décrivez.
Typiquement, lors de la crise chypriote, alors qu'avait été
discuté un projet d’impôt progressif sur les capitaux, avec un peu de
progressivité,
le FMI et la BCE ont, in fine, décidé de procéder par « haircuts
»,
en faisant le choix d’une taxe égale pour tous.
En France, en 1945/46, il y avait
une dette publique énorme.
Deux outils ont été utilisés.
D'abord beaucoup d’inflation, qui est historiquement la principale
manière de se débarrasser de la dette,
mais qui a réduit le peu que
possédaient par exemple les personnes âgées pauvres, qui ont tout perdu.
Ce qui fait qu’en 1956, il y a eu un
consensus national pour créer une allocation vieillesse,
une forme de revenu
minimum pour ces retraités qui avaient tout perdu.
Les riches n’ont rien perdu du fait
de cette inflation.
L’inflation ne réduit pas leur richesse, parce qu'ils
l’investissent dans le dur, et cela la protège.
Ce qui leur a fait perdre de
l’argent, c'est un autre mécanisme alors mis en place :
UN IMPÔT PROGRESSIF ET EXCEPTIONNEL
SUR LES RICHESSES ET LE CAPITAL, CRÉÉ EN 1945.
Or, 70 ans plus tard, le FMI essaie de nous faire croire
qu'il est techniquement impossible d’établir un impôt progressif gradué sur le
capital.
J’ai vraiment peur que ces institutions dont vous parlez
n’aient de fortes raisons idéologiques de préférer les « haircuts ».
N’y a-t-il pas un risque d’évasion fiscale ?
N’est-il pas plus facile aux possesseurs de capital
d’échapper à l’impôt qu’aux effets de l’annulation de la dette ?
T. P. Non, c’est
très facile d’échapper aux effets de la répudiation de la dette,
comme
d’échapper à l’inflation.
Les gros portefeuilles ne détiennent pas de titres de dettes
et sont constitués de capitaux propres.
EST-IL POSSIBLE DE LUTTER CONTRE
L’ÉVASION FISCALE ?
Oui, si on le veut, on le peut.
Quand les gouvernements modernes veulent que leurs décisions
soient respectées, ils y arrivent.
QUAND LES GOUVERNEMENTS OCCIDENTAUX
VEULENT ENVOYER UN MILLION DE SOLDATS
AU KOWEÏT POUR QUE LE PÉTROLE KOWEÏTI
NE
SOIT PAS ANNEXÉ PAR L'IRAK,
ILS LE FONT.
S'ils n'ont pas peur de l'Irak,
il
n'y a pas de raison d’avoir peur des Bahamas ou de Jersey,
il faut être
sérieux !
Créer un impôt très progressif sur la richesse et le capital
ne pose pas de problèmes techniques.
C’est une question de volonté politique.
*
Lire aussi
Piketty ausculte le
capitalisme, ses contradictions et ses violentes inégalités
Par Joseph Confavreux et Laurent Mauduit
Pour un impôt mondial
sur le capital
Par La rédaction de Mediapart
Thomas Piketty plaide
pour une « révolution fiscale »
Par Laurent Mauduit
*
LE LIVRE DERRIÈRE OCCUPY WALL STREET
23 novembre 2013
Michel Lapierre
Le Devoir, 24 nov. 2013.p. F7
*
DETTE : 5000 ANS D’HISTOIRE
David Graeber
2013. 624 pages
Broché: 624 pages
Editeur : LES LIENS QUI LIBÈRENT EDITIONS (25 septembre
2013)
Collection : LIENS QUI LIBERÈRENT
ISBN-13: 979-1020900593
*
Debt: The First 5,000 Years
p.2. 5. 17
S'abonner à :
Messages (Atom)













