17 janvier 2011

4917. UN MOMENT D’HUMOUR. LA VIE SPIRITUELLE ET INTELLECTUELLE DES MAÎTRES DU MONDE

COMMUNISTE

Révolté, à demi-orphelin depuis la mort [suicide] de sa mère alors qu’il avait 15 ans, le jeune Pierre-Karl Péladeau déclarait à qui voulait l’entendre qu’il était d’allégeance marxiste-léniniste.

C’est durant cette même période de contestation qu’il décida d’orthographier son prénom avec un «K» comme dans «Karl Marx».

Même devenu président de Québécor, Pierre-Karl conserva l’orthographe qu’il avait adopté durant l’adolescence.

Inscrit en philosophie à l’UQUAM, il s’intégra en dénigrant le capitalisme, prévenant ainsi les attaques de ses congénères qui eussent pu le qualifier de «gosse de riche.»

Lors d’une fête organisée au prestigieux club Saint-Denis pour célébrer ses 18 ans, Pierre-Karl Péladeau fit un esclandre. Communiste et plus généralement révolté, il traita son père et ses invités de «bourgeois» avant de s’enfuir.

(…)

Après l’épisode du club Saint-Denis, Pierre-Karl fut en froid avec son père. Refusant toute aide financière, il partagea un petit appartement avec le fils de l’éditeur de la Presse. [Touchant. Ainsi font les hasards de la vie. Coloc avec le fils de son concurrent.]

Il travaillait comme plongeur pour payer ses études et remplissait ses temps libres en distribuant des tracts du Parti communiste ouvrier.

[Héritier du père après avoir joué au coucou et poussé tous les autres rejetons hors du nid (mais pas sans objets brillants à faire réluire et collectionner), il n’a maintenant plus rien de marxiste dans ses méthodes traditionnelles d’exploitation du bétail humain. Bien sûr, on a fait pire. Quoique la variante communiste russe soit exemplaire à ce sujet.]

[Ce moment d’émotion et de sentiments sensibles vous a été présenté par le professeur Bulle.]

Péladeau, une histoire de vengeance, d’argent et de journaux. Julien Brault. Québec Amérique. P. 210

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LES DIX-HUIT ANS DE PIERRE-CARL

À cette époque, M. Péladeau célébrait l’anniversaire de ses enfants au restaurant de leur choix. Pour ses 18 ans, Pierre-Carl avait demandé symboliquement à son père d’être reçu au club Saint-Denis.

Quelle ne fut pas la surprise de toute la famille quand, à l’heure du dessert, Pierre-Carl se leva pour demander un très curieux cadeau de fête :

_ Je voudrais avoir la paix, me reposer de la famille Péladeau, vivre à ma manière en vous oubliant. J’en ai ras le bol de vous autres. Je ne veux plus vous voir et je vous demande en cadeau de fête de m’oublier.

Bien que surpris, Pierre Péladeau acquiesça à la demande de son fils qui vivait une période marxiste-léniniste et qui était écoeuré de sa famille capitaliste. Pierre Péladeau ce soir-là en a appris sur lui-même. Il a su qu’il avait profondément changé. Quelques années auparavant, il serait probablement entré dans une violente colère alors que ce jour-là, il a simplement dit à son fils :

_ Carlo, tu as 18 ans, tu es libre de faire ce que tu voudras. Masi sache que je serai toujours là et que tu seras toujours le bienvenu.

DES NOUVELLES DE SON FILS PAR ROGER D. LANDRY

Pierre Péladeau appris quelques mois plus tard que Pierre-Carl, qui poursuivait alors ses études à l’université du Québec, habitait une bicoque à quelques rues du bureau de son père à qui il avait cessé de rendre visite.

C’est Roger D. Landry qui l’en informa, un peu par hasard, en le saluant au cours d’une réception officielle :

_ Bonjour Monsieur Péladeau, il me fait plaisir de vous serrer la main, puisque nos fils habitent ensemble!

Pierre-Carl ne signait plus son prénom que d’un Karl avec le «K» de Karl Marx omettant volontairement de le faire précéder du prénom de son père, comme le veut pourtant le registre de baptême et comme sa famille l’avait toujours fait.

Péladeau. Colette Chabot. Libre Expression. P. 163

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Pour en savoir plus, un reportage élogieux dans la revue Actualité du 27 oct. 2010:

L'homme le plus redoutable du Québec ? (titre de couverture) [Avec le visage inquiétant de PKP probablement menaçant mentalement les méchants syndicalistes. Et le patron de Radio-Canada qui l'a traité de voyou.]

Un bulldozer nommé PKP. Jonathan Trudel.
http://www.lactualite.com/economie/un-bulldozer-nomme-pkp-0

[SPÉCIMEN]

Pierre Karl Péladeau est rentré épuisé. Vêtu d'un cuissard et d'un maillot, il venait d'avaler des dizaines de kilomètres à vélo face aux vents violents qui soufflaient par rafales ce jour-là sur les îles de la Madeleine.

« Les gens du coin me disaient que Pierre Karl ne reviendrait jamais du bout de l'île et que je devrais aller le chercher en voiture », raconte sa conjointe, l'animatrice et productrice Julie Snyder, restée avec leurs deux jeunes enfants et la fille aînée de Péladeau au motel [?] qu'ils avaient loué dans l'archipel l'été dernier.

Mais le patron de Quebecor a l'habitude d'affronter les vents contraires. Et il est entêté... Alors Julie Snyder l'a laissé pédaler. Il est rentré en soirée.

Depuis qu'il a pris la barre de l'entreprise fondée par son père, il y a 11 ans, le fils de Pierre Péladeau a traversé bien des tempêtes (...)

(...)

Contrairement à beaucoup de fils d'entrepreneurs célèbres, Péladeau n'a pas eu de mal à se forger un prénom, et même des initiales (PKP). Selon un sondage CROP mené pour L'actualité, 87 % des Québécois - et 96 % des franco­phones - le connaissent, un taux de notoriété comparable à celui des vedettes du petit écran.

(...)

Ses partisans le disent combatif, déterminé et doté d'une intelligence supérieure. Ses critiques le décrivent plutôt comme un homme caractériel, arrogant et allergique à la critique (le milieu culturel se rappelle encore le congédiement de Louis Morissette de TVA, en 2004, après la diffusion à Radio-Canada d'un sketch comparant PKP à Séraphin Poudrier).

(...)

Pierre Karl Péladeau forme avec Julie Snyder l'un des couples les plus médiatisés - et puissants - du Québec. Il multiplie les apparitions aux émissions Le banquier et aux galas de Star Académie (qu'elle anime), devant des millions de téléspectateurs de TVA. On l'aperçoit, épaules carrées et petites lunettes rondes, dans divers lancements et réunions mondaines. Mais PKP fuit les entrevues. (...)

(...)

PKP a longtemps eu l'habitude de se lever à 5 h pour lire les journaux, puis plonger dans la piscine dès 6 h pour nager ses 100 longueurs avant de partir au bureau vers 7 h 15... jusque tard en soirée. Depuis quelques années, il a modifié sa routine pour reconduire son fils Thomas à la garderie tous les matins (le plus souvent possible en vélo, avant de poursuivre son chemin jusqu'au bureau). Il travaille encore beaucoup, mais tente généralement d'arriver à temps pour lire une histoire aux enfants, dit Julie Snyder. (...)

(...)

Un « gars ben normal » qui n'a pas du tout le rythme de vie d'un homme dont la fortune est évaluée à plus de 500 millions de dollars.

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Requiem pour Le Journal de Montréal . Paule Beaugrand-Champagne.
http://www.lactualite.com/societe/requiem-pour-le-journal-de-montreal

[Ce dernier texte est moins élogieux!]


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Photo: Peter McCabe AFP

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2010/05/12/003-quebecor-1erT.shtml

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Photo. http://blogue.sblouin.ep.profweb.qc.ca/?tag=media

L'Option, le blog des étudians en journalisme du cégep André-Laurendeau